Toulouse: Le maire prend un arrêté «anti-bivouac» pour chasser les tentes de sans-abri du centre-ville

SOCIETE Le maire de Toulouse ne veut plus des tentes de sans-abri sur les trottoirs du centre-ville. Il s'apprête à prendre un arrêté «anti-bivouac»

Helene Menal

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La tente d'une famille albanaise dans le centre-ville de Toulouse.
La tente d'une famille albanaise dans le centre-ville de Toulouse. — H. Menal - 20 Minutes
  • Devant la multiplication «visible» des tentes de sans-abri sur les trottoirs de Toulouse, le maire annonce son intention de prendre un arrêté « anti-bivouac » en centre-ville.
  • Il accuse aussi certaines associations de faire le jeu des réseaux de passeurs albanais.
  • Cette sortie choque le monde associatif.

Les abris de toile apparaissent puis disparaissent pour resurgir ailleurs. Comme « Genta » et ses deux petits garçons, depuis le début de l’été, des familles démunies plantent leurs tentes sur les trottoirs de Toulouse. Le phénomène en soi n’est pas nouveau mais en centre-ville si. « Les tentes se concentrent sur des endroits extrêmement visibles », souligne le maire Jean-Luc Moudenc (LR) qui en a compté « 26 » ce jeudi et annonce son intention de prendre d’ici à la fin de la semaine « un arrêté anti-bivouac » dans le périmètre des boulevards.

Jusqu’à présent, la mairie se contentait de faire dresser des constats d’huissiers qui n’avaient pour effet que de faire déménager les familles un peu plus loin. Avec un arrêté « qui concernera des artères entières », l’édile espère pouvoir faire appel aux forces de l’ordre, obtenir les identités et mettre une « pression juridique » pour déclencher une prise en charge de l’Etat.

Jean-Luc Moudenc a aussi sa petite idée sur les causes du phénomène. « Il y a en amont des réseaux organisés, la plupart du temps albanais, et des associations politisées, (…) avec une répartition des tâches sinistres » pour « organiser cette occupation illicite du domaine public », accuse-t-il.

« On stigmatise les plus démunis et les associations qui les aident »

Cette sortie a profondément « choqué » les associations en question. « Comme les collectivités sont défaillantes, on stigmatise les plus démunis et les associations qui les aident », réagit Anaïs Garcia, coordinatrice au collectif Droit au Logement (DAL) qui, sans être cité par l’édile, est clairement visé.

« Nous ne connaissons pas de réseau, juste des familles qui viennent dans nos permanences, parfois parce que la police leur a enlevé leur tente pendant qu’elles amenaient les enfants à l’école », ajoute la bénévole. Elle pense que la proportion d’Albanais – dont le pays n’appartient pas à l’Union Européenne – est liée « à la petite taille » de la communauté à Toulouse. « Ils ne trouvent pas forcément des connaissances chez qui se faire héberger », avance-t-elle.

François Piquemal, qui a quitté son rôle de porte-parole du DAL samedi, pour se lancer en politique dans le mouvement Archipel Citoyen, est encore plus sévère. Il trouve que « Monsieur le maire de Toulouse est en voie de salvinisation », allusion aux positions du leader populiste italien. L’intéressé s’en défend au contraire. Il estime que si l’on ne fait pas preuve de fermeté, « on fait prospérer les extrêmes dans ce pays ».