Pays-de-la-Loire : Pourquoi la pénurie de conducteurs de cars scolaires s’aggrave à la rentrée

TRANSPORTS Quelque 700 postes de conducteur de car sont recherchés. Un déficit qui pose problème en cette rentrée scolaire

Frédéric Brenon

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Des élèves entrant dans un car du réseau Aléop en Pays-de-la-Loire
Des élèves entrant dans un car du réseau Aléop en Pays-de-la-Loire — Région PDL / A. Monié – Les beaux matins
  • La pénurie de chauffeurs de cars scolaires pose des soucis en Pays-de-la-Loire.
  • Au moins 700 conducteurs sont recherchés pour couvrir les besoins.
  • Le métier est pénalisé par ses temps partiels et sa rémunération peu attractive.

« Le problème existe depuis plusieurs années, mais il s’amplifie », s’inquiète la Fédération nationale des transports des voyageurs (FNTV). Quelque 700 postes de conducteur de car scolaire sont actuellement recherchés pour répondre aux besoins en Pays-de-la-Loire. Si tous les circuits scolaires (3.820 par jour) ont pu être « assurés parfois in extremis », assure le conseil régional, la pénurie de chauffeurs n’est pas sans poser de problèmes, en particulier en Loire-Atlantique.

Certaines lignes régulières grand public, notamment au nord de Nantes, ont ainsi dû être fermées afin d’affecter « en priorité » les conducteurs vers le transport scolaire. « C’est une solution temporaire le temps que l’on trouve du personnel disponible », justifie la région.

« Ce n’est pas une situation idéale, bien sûr »

Autre conséquence fâcheuse : des parcours sont parfois surchargés et des enfants sont debout dans l’allée. « Ce n’est pas une situation idéale, bien sûr, mais c’est autorisé par la loi avec une vitesse de circulation abaissée », rapporte Pascal Fontaine, patron des sociétés Quérard et Brodu. « Nous serons vigilants à ce que ça ne dure pas, promet Johann Boblin (LR), vice-président du conseil régional. L’objectif est bien de réintroduire des services dès que possible. »

Plus d’une centaine de nouveaux conducteurs ont pourtant été formés dans l’optique de cette rentrée. Mais tous ne sont pas opérationnels (certains n’ont pas encore reçu leur permis) et, surtout, cela ne suffit pas à couvrir des besoins qui ont fortement augmenté (+16 % entre 2018 et 2019 en raison de la croissance démographique et de la baisse du tarif d’abonnement) alors que les départs en retraite ont été assez nombreux chez les autocaristes.

Temps partiel et rémunération

Mais pourquoi les entreprises connaissent-elles autant de difficulté à recruter ? « Déjà, la formation initiale n’est accessible qu’à partir de 21 ans. A cet âge-là, pas mal de jeunes se sont déjà engagés dans un projet. Ensuite, les postes proposés sont majoritairement à temps partiel, de 20 heures par semaine en moyenne. Ça peut décourager certains, même si ça intéresse aussi des personnes de tous profils recherchant un simple complément de revenus », explique Alexandra David, responsable emploi-formation à la FNTV.

A ces handicaps, on peut ajouter des horaires contraignants (assez tôt le matin et tard le soir) et une rémunération peu attractive. « Entre 600 et 700 euros par mois en moyenne. C’est un peu au-dessus du Smic », précise la FNTV. La baisse du chômage dans la région diminue également le vivier de candidats.

Pour compenser, la profession communique avec insistance sur les atouts du métier : « liberté, autonomie, relations humaines, emploi local non délocalisable… » La formation initiale est aussi entièrement prise en charge pour les demandeurs d’emploi. Employeurs et collectivités essaient également de rapprocher les missions pour éviter les coupures. Et proposent, le cas échéant, des emplois complémentaires (surveillant de cantine, etc) afin de « parvenir à un plein-temps » plus intéressant pour les candidats.