Marseille : Voies souterraines, réorganisation, nouvelles voies... le projet de la gare Saint Charles dévoilé

GARE La SNCF organisait lundi une réunion de concertation autour du projet de la nouvelle gare Saint Charles à l’horizon 2030

Adrien Max

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La gare Saint-Charles à Marseille.
La gare Saint-Charles à Marseille. — ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
  • La rénovation de la gare Saint Charles à Marseille sera répartie en deux phases, une première à l’horizon 2022 concernant le plateau existant, puis la création d’une gare souterraine, pas avant 2027.
  • Cette rénovation vise à améliorer la traversée de Marseille, vers Nice ou Paris, pour les TER et les TGV alors que la gare Saint Charles est actuellement un cul-de-sac.

Le projet s’annonce titanesque. La SNCF organisait lundi soir une réunion de concertation autour de la rénovation et de l’amélioration de la gare Saint Charles de Marseille. De quoi en savoir un peu plus sur ce projet prévu pour 2022, pour sa première phase. Une rénovation dans le cadre du projet de Ligne Nouvelle Provence Côte d'Azur. 20 Minutes fait le point sur les améliorations prévues.

Un projet en deux temps. Concernant la gare Saint Charles, son amélioration se fera en deux temps. Le « bloc est » sera le premier concerné avec « un réaménagement en surface, avec la création de nouvelles voies, et notamment de voies de garage afin de reconfigurer le plateau existant de la gare Saint Charles », explique Jean-Marc Illes, directeur territorial adjoint et chef de projet de la ligne nouvelle Provence Côte d’Azur à la SNCF.

La future organisation de la gare Saint-Charles
La future organisation de la gare Saint-Charles - Capture écran du dossier de concertation de la SNCF

La deuxième phase, la plus importante, concerne la traversée souterraine de Marseille, via un tunnel, et la création d’une gare souterraine à Saint Charles. « Le tunnel débuterait vers Saint-Louis, au nord, pour finir vers la gare de la Blancarde, à l’est, avec quatre voies. La nouvelle gare, située sous la zone dite "abeille", disposerait de quatre étages », détaille Jean-Marc Illes. Une réorganisation de la partie ouest de la gare existante, pour les trains en direction de la Côte bleue, est également prévue afin de « rendre indépendants entre eux les flux de circulation provenant et à destination des voies du port et de la ligne Paris Lyon Méditerranée ».

Pour quelles améliorations escomptées ? Ce projet « vise à améliorer la régularité sur ce nœud ferroviaire qu’est la gare Saint Charles par sa configuration en cul-de-sac. C’est un véritable gouffre à minutes perdues, qui propage les retards de Nice vers Paris, et de Paris vers Nice », avance Jean-Marc Illes. Concrètement, le plateau supérieur déjà existant de la gare Saint Charles mais réorganisé, sera désormais configuré sous la forme de sous gare pour chaque flux. Il concernera tous les trains, TGV comme TER, dont le terminus sera la gare Saint Charles.
La gare souterraine accueillera les TGV et les TER en transit par Marseille, et qui poursuivront leur chemin vers Nice ou Paris pour les TGV, ou vers Toulon ou Aix-en-Provence pour les TER. Ce qui permet d’économiser une quinzaine de minutes sur ces trajets. Cette réorganisation prévoit également la création d’une ligne TER entre Toulon et Vitrolles. Elle permet également la suppression des « cisaillements », entre différentes lignes, qui avaient pour conséquence de générer beaucoup de retards.

Les cisaillements
Les cisaillements - Capture écran du dossier de concertation de la SNCF

Quelles sont les difficultés ? Cette réorganisation prévoit dans un premier temps la libération du secteur des « abeilles ». « Nous allons déménager les 1.000 agents qui y travaillent dans un bâtiment à 400 mètres de là, et nous devrons également transférer les voies de service à la Blancarde », prévient Jean-Marc Illes.

La libération du site des Abeilles.
La libération du site des Abeilles. - Capture écran du dossier de concertation de la SNCF

La création de la nouvelle gare souterraine nécessitera de creuser un trou d’au moins 600.000 m3. Ce qui fait craindre des difficultés à Gilles Marcel, président d’une association d’usager du TER. « Ces travaux sont nécessaires, mais nous espérons qu’ils n’engendreront pas une dégradation du service proposé, qui est déjà très loin de satisfaire les usages. Nous aurions également aimé que des études sur l’amélioration de l’existant soient réalisées », explique-t-il. La première phase des travaux devrait débuter vers 2022, tandis que la création de la nouvelle gare souterraine ne débuterait pas avant 2027.