Lyon : Après le retrait des trottinettes Circ, 44 salariés assurent être sans nouvelle de leur employeur

SOCIAL Depuis l’arrêt de Circ à Lyon, les 44 salariés de Saint-Priest se disent sans nouvelle de la société allemande

Elisa Frisullo

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Une trottinette. (Illustration)
Une trottinette. (Illustration) — Brendan Smialowski / AFP
  • Circ est l’un des opérateurs de trottinettes électriques qui a récemment cessé son activité à Lyon.
  • Depuis le 28 août, les 44 salariés de la société allemande sont dans le flou et expliquent ne pas avoir de nouvelle de leur employeur.

Lorsqu’il a signé son CDI il y a quelques mois à Lyon, il était loin d’imaginer que l’aventure prendrait fin si brutalement. Depuis le 28 août, date à laquelle l’opérateur de trottinettes électriques Circ (ex Flash) a annoncé son retrait de Lyon, 44 salariés de la société LMTS Germany se retrouvent dans le flou, sans travail. « Le 21 août, un responsable parisien nous a expliqué que vu l’argent investi à Lyon, on était parti pour au moins deux ans et qu’on ferait le bilan à ce moment-là. Une semaine plus tard, on nous annonçait l’arrêt du service et que nous allions être licenciés », confie à 20 Minutes l’un des salariés embauchés dans l’entrepôt de Saint-Priest.

Mais depuis le 28 août, selon les employés, plus rien ne filtre du côté de la direction, injoignable. « L’entrepôt a été vidé de toutes les trottinettes encore en état, qui ont dû être rapatriées dans les villes où Circ est présent. Il ne reste que des engins qui ne marchent plus. Nos bureaux ont été vidés », ajoute le salarié, qui se présente tout de même chaque jour à son poste pour faire ses heures.

« Une guerre commerciale entre opérateurs »

« Les employés ont peur qu’on leur reproche un abandon de poste, alors ils vont au travail. Certains restent jusqu’à 2 heures du matin dans l’entrepôt vide », s’insurge Frédéric Leschiera, secrétaire du syndicat Sud Commerce et services, mobilisé aux côtés des salariés. « On assiste à une guerre commerciale entre opérateurs de trottinettes, où comme on n’est pas sûr que ce soit rentable, on n’investit pas dans le confort des salariés et on plaque tout du jour au lendemain ».

Du côté des salariés, l’incompréhension et la colère dominent. « On est payé pour rester assis sur une chaise, dans une totale incertitude », lâche un employé de l’entreprise allemande. « Mais il y a une réglementation, des lois. On voit qu’ils recrutent dans les autres villes où ils sont présents, alors que normalement, ces offres d’emploi devraient nous être proposées en priorité », ajoute un salarié.

« On nous prend pour des cons »

Le syndicat Sud a adressé en fin de semaine passée une lettre en recommandé à l’opérateur pour lui rappeler ses obligations envers les salariés. Il compte également saisir l’inspection du travail pour aborder le cas de ces 44 salariés « laissés sur le carreau ».

Vers un recours aux Prud’hommes ?

« L’entreprise a failli à son obligation de reclassement et à son obligation de fournir du travail. Si elle n’ouvre pas les négociations, nous irons aux Prud’hommes », menace le syndicat. Une procédure que plusieurs salariés seraient prêts à engager. « Par principe. On nous a promis monts et merveilles et au final on nous prend pour des cons. Ils n’appliquent pas la loi, ce serait trop facile de les laisser faire », enrage un employé de Saint-Priest, soucieux d’être licencié de manière correcte.

« Accepter un potentiel reclassement, cela voudrait dire changer de ville au risque qu’ils nous refassent la même chose dans six mois. Certainement pas ». Contactée par 20 Minutes, l’entreprise n’a pas répondu, pour l’heure, à nos sollicitations.