Mulhouse : Démissions en série, grèves… Les urgences peuvent-elles sortir du « gouffre » ?

SANTE Le service des urgences de Mulhouse est en grève depuis quatre mois et la pénurie de médecins s’est aggravée

Nils Wilcke

— 

Le centre hospitalier de Mulhouse.
Le centre hospitalier de Mulhouse. — Concept Photographie/SIPA
  • Aux urgences de Mulhouse, il ne reste plus que 7 médecins sur les 26 praticiens que comptait l’hôpital il y a quelques mois.
  • La faute à la pénurie de praticiens mais aussi aux conditions de travail de plus en plus difficiles.
  • « La situation est très grave, on n’est pas au bord du gouffre, on est dans le gouffre », témoigne le docteur Kacem, chef par intérim des urgences à l’hôpital Emile Muller de Mulhouse.

Les urgences du Haut-Rhin à bout de souffle ? A Altkirch, le service a été contraint de fermer temporairement entre samedi 7 septembre au soir et lundi 9 septembre au matin. Une décision prise faute de médecins disponibles, selon le groupement hospitalier de la région de Mulhouse et Sud Alsace (GHRMSA), dont dépend Altkirch.

La situation n’est guère plus brillante à Mulhouse où les urgences sont en grève depuis quatre mois. « Je vais être le seul médecin urgentiste de garde, on va faire le boulot de 26 personnes à 7 », explique le docteur Sami Kacem. Cette semaine, le chef de service par intérim à l’hôpital Emile Muller de Mulhouse, a pour seul renfort ses internes et une collègue médecin militaire pour accueillir les patients des urgences du secteur.

Deux lignes de SMUR fermées

Les urgences de l’hôpital de Mulhouse ont fait leur rentrée en sous-effectifs. Il ne reste plus que 7 médecins sur les 26 praticiens que comptait l’hôpital il y a quelques mois. Les démissions s’enchaînent sur fond de conditions de travail dégradées. Sur les trois lignes de SMUR, le Service mobile d’urgence et de réanimation, deux ont été fermées par la direction.

Dans ces conditions, la sécurité des patients est-elle assurée ? L’agence régionale de santé (ARS) et la direction du groupe hospitalier se veulent rassurantes. Selon eux, les cas les plus graves seront pris en charge dans les temps, affirment-ils à France Bleu Alsace. En outre, face à la pénurie de personnel médical, la réserve sanitaire a été activée.

« La situation est très grave »

Très insuffisant, pour le docteur Kacem. « La situation est très grave, on n’est pas au bord du gouffre, on est dans le gouffre », confie le praticien. « On reçoit l’aide d’un ou deux collègues généralistes qui est la bienvenue mais ils ne sont pas habitués aux urgences », observe-t-il.

Pour reconstruire un service sinistré, la direction de l’hôpital cherche un chef de service capable d’amener avec lui plusieurs médecins motivés. « Ça va être dur d’attirer ce genre de profil ici », soupire le docteur Kacem. « Désabusé » après 35 ans de médecine, il a du mal à voir un avenir pour l’hôpital à trois ans de la retraite.