Le Français Albert Veissid, survivant de la Shoah, s'est éteint à l'âge de 94 ans à Allauch, près de Marseille.
Le Français Albert Veissid, survivant de la Shoah, s'est éteint à l'âge de 94 ans à Allauch, près de Marseille. — MICHEL GANGNE / AFP

DÉCÈS

Bouches-du-Rhône: L'un des derniers survivants d'Auschwitz est mort à Allauch

Ce survivant de la Shoah s'est éteint à l'âge de 94 ans près de Marseille

Le Français Albert Veissid, survivant de la Shoah, s’est éteint à l’âge de 94 ans à Allauch, près de Marseille, a-t-on appris ce jeudi auprès du Crif (conseil représentatif des instances juives de France) de Marseille.

« Le Crif a appris la nouvelle de la mort de M. Veissid jeudi matin », a indiqué un porte-parole à l’AFP, confirmant une information annoncée sur Twitter par Sophie Nahum, qui l’avait rencontré à Marseille pour un documentaire consacré aux derniers survivants encore vivants de la Shoah.

Arrêté en juillet 1943 à Lyon

Albert Veissid, né en 1924 à Constantinople (Istanbul), était arrivé à Lyon encore bébé. Devenu vendeur dans un magasin de confection et musicien, il est arrêté en juillet 1943 et transporté à la prison Saint-Jean de Lyon, puis au Fort de Chapoly. Depuis Marseille où il est ensuite détenu, il est envoyé à Drancy en février 1944 et déporté à Auschwitz le 30 mai sous le matricule 12063.

Il se déclare maçon, sur le conseil d’un ami, et travaille à la consolidation d’un bunker. Albert Veissid intègre ensuite l’orchestre du camp. Lorsque le camp est évacué en janvier 1945, il entame une longue marche à travers l’Allemagne et rejoint enfin la France.

Un mystérieux message

En 2009, Albert Veissid avait témoigné dans la presse à l’occasion de la découverte d’une bouteille comprenant un message sur les lieux du camp nazi. Sur ce message, six noms d’hommes, des Polonais chrétiens, et le sien. Un « mystère », avait-il alors déclaré à l’AFP. « C’est vrai que je leur ai rendu des services : en haut, c’était le ravitaillement et souvent ils volaient des seaux de marmelade que je cachais en bas. Peut-être que par remerciement, ils ont mis mon nom dans la bouteille », avait-il expliqué.