Christophe Castaner lance l'expérimentation des caméras-piétons pour les pompiers

INTERVENTIONS Il y a un an tout juste, un jeune pompier de 27 ans trouvait la mort, agressé par un homme lors d’une intervention

20 Minutes avec AFP

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French Interior Minister Christophe Castaner (C) reviews veterans during a ceremony marking the 75th anniversary of Paris' liberation during World War II, on August 20, 2019 at Paris' police heaquarters. (Photo by Thomas SAMSON / AFP)
French Interior Minister Christophe Castaner (C) reviews veterans during a ceremony marking the 75th anniversary of Paris' liberation during World War II, on August 20, 2019 at Paris' police heaquarters. (Photo by Thomas SAMSON / AFP) — AFP

Des mesures pour protéger les pompiers. Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a lancé ce jeudi l’utilisation de caméras-piétons pour les pompiers, victimes d’une augmentation des agressions lors de leurs interventions ces dernières années. L’expérimentation devrait durer jusqu’en février 2022.

La mise en place de ce nouvel équipement, utilisé depuis 2013 par les policiers et gendarmes, intervient un an après le décès de Geoffroy Henry, un sapeur-pompier de 27 ans poignardé par un déséquilibré lors d’une intervention à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne). Ce drame avait choqué une profession déjà échaudée par l’augmentation des agressions contre ses représentants ces dernières années.

Un « outil de fermeté »

Depuis le 1er janvier, les pompiers ont subi 1.274 agressions physiques ou verbales, soit en moyenne cinq agressions par jour pour 10.000 interventions, selon la Direction générale de la Sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC). Au total, 312 pompiers ont été blessés. Les caméras-piétons sont « un outil de prévention et un outil de fermeté », a déclaré Christophe Castaner, lors d’une allocution à la caserne des sapeurs-pompiers de Saint-Denis. Elles doivent permettre « d’apaiser une situation » et de « constituer très clairement la preuve de la culpabilité de l’agresseur », a souligné le ministre.

Testées jusqu’en février 2022, selon un décret publié en juillet, elles seront d’abord déployées au sein de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) et du service d’incendie et de secours (SDIS) du Val-d’Oise. Les SDIS de Haute-Garonne, de Gironde, de Loire-Atlantique, du Maine-et-Loire, du Morbihan, du Nord, des Pyrénées-Orientales, du Rhône et des Yvelines sont également candidats.

Une campagne nationale contre les violences

Il est également demandé aux préfets « d’élaborer des procédures spécifiques », notamment avec « l’appui de la police ou de la gendarmerie », lors d’interventions à risques. Les sapeurs-pompiers devront également être formés « à la négociation face à une personne agressive ».

« Nous allons lancer dans quelques jours une campagne nationale », a annoncé Christophe Castaner, rappelant que 80 % des agressions sont le fait de la personne secourue ou son entourage. Le ministre de l’Intérieur a également souhaité que chaque incident fasse systématiquement l’objet d’une plainte, recueillie directement dans les casernes par les policiers et gendarmes « pour très tôt constituer l’ensemble du dossier pour la procédure ».