VIDEO. Attaque à Villeurbanne : Les motivations du suspect restent floues, la victime se rendait à un festival

ENQUETE Un jeune homme de 19 ans a été tué à la sortie du métro et huit autres personnes ont été grièvement blessées, dont trois sont en urgence absolue

C.G. avec AFP
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Au lendemain de l'attaque de Villeurbanne, les motivations du suspect restent floues.
Au lendemain de l'attaque de Villeurbanne, les motivations du suspect restent floues. — N. Vaux-Montagny/AP/SIPA
  • Samedi, un demandeur d’asile afghan s’en est pris à l’aveugle à la sortie d’une station de métro à Villeurbanne.
  • Un jeune homme de 19 ans a été mortellement poignardé.
  • Les enquêteurs écartent pour l’instant la piste d’un acte terroriste.

Quelques heures après le drame qui s’est noué à Villeurbanne ( Rhône), les enquêteurs tentent dimanche de faire la lumière sur les raisons qui ont poussé un Afghan de 33 ans à semer la terreur à l’arme blanche. L’individu, posté à la station de métro Laurent-Bonnevay, s’en est pris à l’aveugle à un groupe de passants, tuant un jeune homme de 19 ans et blessant 8 autres personnes. Trois sont toujours en urgence absolue.

L’hypothèse terroriste n’est pas privilégiée à ce stade, le Parquet national antiterroriste (Pnat) n’ayant pas été saisi, mais il suit la situation de près, assure le parquet de Lyon. Nicolas Jacquet, procureur de la République, tiendra une conférence de presse à 15h00.

Un suspect peu bavard

La police judiciaire, chargée de l’enquête, fait face à un individu qui « n’est pas très prolixe » et qui a changé trois fois de version dans les premières minutes de sa garde à vue samedi, selon une source policière.

Vers 16h30 samedi, ce demandeur d’asile armé d’un couteau et d’une fourche de barbecue « s’est mis à mettre des coups de couteau dans tous les sens » devant un arrêt du bus, selon le témoignage d’une jeune fille au débardeur taché de sang, interrogée par l’AFP peu après les faits.

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux et diffusée par de nombreuses chaînes de TV, on voit un homme à la peau mate, barbe noire courte, bien taillée, sweat à capuche noir et baskets rouges avec une lame et une petite fourche dans une main discutant avec des hommes, avant de jeter ses armes puis s’accroupir à la sortie d’un ascenseur du métro.

Un acte de démence ou une attaque volontaire ?

C’est grâce à l’intervention des passants et des agents TCL (les transports en commun lyonnais) qu’il a pu être appréhendé. Le maire de Villeurbanne, Jean-Paul Bret, a salué le « courage » de ces « gens qui ont quand même pris leurs responsabilités ».

« Les informations qu’on a à ce stade montreraient que c’est plutôt un acte isolé d’une personne qui était en recherche d’asile, venant d’un pays très éloigné de la France, l’Afghanistan, peut-être qui a vécu des choses terribles sur son voyage ou là-bas, et qui n’a peut-être pas supporté beaucoup de choses et qui rentre dans une crise de démence », a avancé Bruno Bonnell, député LREM du Rhône sur LCI.

A droite et à l’extrême droite, la nationalité de l’auteur présumé n’a pas manqué de faire réagir. « La naïveté et le laxisme de notre politique migratoire menacent gravement la sécurité des Français ! », a écrit la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen sur Twitter.

Un centre d’accueil pour les victimes

De nombreux témoins ont été très choqués par la violence de la scène, selon les pompiers. La préfecture a mis en place dès samedi soir un centre d’accueil des victimes et de leurs familles dans une salle de la mairie du 8e arrondissement.

Le jeune homme de 19 ans tué samedi était originaire de l’Isère. Selon Le Progrès, il attendait un bus à la station Bonnevay pour se rendre au festival Woodstower, qui se déroule ce week-end au parc de Miribel Jonage.