Bordeaux : Pompiers et pompières dénoncent « l’hémorragie » de leur profession

COLERE Le mouvement de grève, qui court depuis le début de l’été partout en France, a été prolongé de deux mois

20 Minutes avec AFP

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Les pompiers ont pris d'assaut la fontaine des Trois-Grâces, à Bordeaux.
Les pompiers ont pris d'assaut la fontaine des Trois-Grâces, à Bordeaux. — UGO AMEZ/SIPA

Une centaine de pompiers et pompières professionnelles de Gironde ont manifesté vendredi à Bordeaux et versé du colorant biodégradable rouge dans une fontaine pour dénoncer symboliquement « l’hémorragie » de leur profession. Au lendemain du renouvellement pour deux mois d’un mouvement de grève national entamé fin juin, les pompiers et pompières ont fait prendre à l’eau de la fontaine de la place de la Bourse, devenue depuis quelques mois le point de rendez-vous traditionnel des « gilets jaunes » bordelais, une teinte rouge violacée, comme la couleur du sang.

« Nous en avons marre d’effectuer des missions qui ne nous incombent pas et de ne pas voir notre métier reconnu comme dangereux », a indiqué Jean Billard, de l’UNSA SDIS 33, majoritaire au sein du service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de la Gironde. « En Gironde, on arrive au bout de ce qu’on peut faire : nous sommes passés de 80.000 interventions annuelles il y a une douzaine d’années à 138.000 en 2018, sans augmentation d’effectifs », a encore expliqué Jean Billard.

Elus et élues au soutien

Outre leurs conditions de travail, ces pompiers et pompières « en colère » ont dénoncé le « mépris » du ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner. « M. Castaner minimise notre mouvement, ce n’est pas bon, ça pourrait donner envie à certains (dans la profession) de basculer dans une contestation plus violente, ce qu’on voudrait absolument éviter », a dit Jean Billard.

Plusieurs élus et élues étaient présentes pour soutenir le mouvement des pompiers et pompières, dont le président du conseil départemental de la Gironde, Jean-Luc Gleyze (PS).

Le mouvement de grève national, lancé par sept syndicats de professionnels (85 % des effectifs) et suivi par 90 SDIS sur 100, n’a jusqu’ici pas empêché les interventions et s’est surtout traduit par des banderoles sur les casernes, des inscriptions sur les engins, et le port de tee-shirts et brassards chez les pompiers grévistes. Les pompiers et pompières professionnelles, au nombre de 40.000, sont minoritaires parmi les quelque 247.000 sapeurs-pompiers de France (militaires, volontaires etc.).