Justice: Tariq Ramadan n’a pas le droit de se rendre au Royaume-Uni

REJET L’islamologue suisse, mis en examen pour deux viols, demandait de pouvoir se rendre outre-manche afin de reprendre sa vie professionnelle, médicale et familiale

20 Minutes avec AFP

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Tariq Ramadan devant le Palais de justice de Paris, le 30 août 2019.
Tariq Ramadan devant le Palais de justice de Paris, le 30 août 2019. — AFP

L’islamologue suisse Tariq Ramadan, interdit de quitter la France en raison de sa mise en examen pour deux viols qu’il conteste, s’est vu refuser vendredi par la justice l’autorisation de se rendre au Royaume-Uni, a-t-on appris auprès de son avocat. M. Ramadan, libéré mi-novembre après quasi dix mois de détention, demandait une modification de son contrôle judiciaire pour pouvoir se rendre ponctuellement à son domicile londonien afin de « reprendre sa vie professionnelle, médicale et familiale », selon Me Emmanuel Marsigny.

Le juge refuse qu’il assiste à l’audience

Au déclenchement de l’affaire fin 2017, l’intellectuel a été mis en congé d’un commun accord de l’université britannique d’Oxford où il était titulaire d’une chaire d’études islamiques depuis 2008. M. Ramadan, 57 ans, faisait également valoir qu’il souhaitait reprendre les consultations auprès des médecins qui lui ont diagnostiqué en 2006 une sclérose en plaques.

La juge d’instruction parisienne chargée des investigations avait refusé le 22 juillet cette demande de l’islamologue, qui avait fait appel. Pour défendre son recours, Tariq Ramadan s’est présenté vendredi en personne devant la cour d’appel de Paris, mais la chambre de l’instruction a refusé qu’il assiste à l’audience. Elle a finalement confirmé le rejet initial de la juge.

Son livre sera publié le 11 septembre

Figure longtemps influente mais controversée de l’islam européen, Tariq Ramadan est mis en examen depuis février 2018 pour le viol de deux femmes. Il avait d’abord nié tout rapport sexuel avec les deux premières plaignantes, avant d’être contredit par l’enquête et plaide depuis un an des « relations consenties ». Il est également visé par deux autres plaintes pour viols, déposées en mars 2018 et juillet dernier, des faits pour lesquels il n’est pas poursuivi à ce jour. Accusé également de viol par une femme en Suisse, il doit être entendu cet automne à Paris par un procureur de Genève. Un ouvrage, « Devoir de vérité », signé de sa main, doit par ailleurs être publié le 11 septembre.