Mayotte : Près d’un tiers de la population vit dans un logement sans eau courante

PAUVRETE En 1997, 80 % des logements du 101e département français n’avaient pas l’eau courante

20 Minutes avec agences

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Le port de Mamoudzou à Mayotte, le 4 mars 2017.
Le port de Mamoudzou à Mayotte, le 4 mars 2017. — Ornella LAMBERTI / AFP

Près d’un tiers (29 %) de la population de Mayotte vit dans un logement qui n’a pas accès à l’eau courante, selon une enquête Insee sur l’évolution des conditions de logement sur l’île, qui fait suite au dernier recensement de 2017. « Cette proportion est deux fois plus importante qu’en Guyane et cela représente 81.000 habitants », a déclaré Jamel Mekkaoui, directeur de l’antenne de l’Insee du 101e département français.

Toutefois, la situation s’est considérablement améliorée. En 1997, huit logements sur dix n’avaient pas l’eau courante.

Hausse des constructions en tôle

Malgré tout, le chiffre est reparti à la hausse entre 2012 et 2017 avec la multiplication des bangas (cases) en tôle. Ces constructions forment aujourd’hui 38 % du parc immobilier mahorais. Et elles sont habitées dans 65 % des cas par des étrangers. Un peu plus de la moitié des bangas est dépourvue d’eau courante, contre seulement 12 % des logements en dur.

Au total, 18.300 ménages ne bénéficient pas d’eau courante dans leur logement. Parmi eux, 7.900 ont malgré tout un robinet dans leur cour et 3.700 font appel à la solidarité des voisins, parents ou tiers. « Il y a 1.600 ménages qui s’approvisionnent dans une rivière ou dans un ruisseau. Cela représente une hausse de 37 % entre 2012 et 2017 et c’est en lien avec la forte immigration récente », explique Jamel Mekkaoui.

Des risques sanitaires

Selon le directeur de l’antenne de l’Insee à Mayotte, « les risques sanitaires associés à ce type d’approvisionnement (maladies hydriques, telles que la gastro-entérite ou la diarrhée) peuvent toucher 7.300 habitants, dont 1.450 enfants de moins de 5 ans ».

Le confort sanitaire de base est peu répandu dans l’habitat mahorais. Dans 60 % des cas, il manque au moins l’eau courante, les toilettes ou la douche à l’intérieur du logement. Ce taux monte à 95 % pour les bangas en tôle, contre 37 % pour l’habitat en dur.