VIDEO. Marseille : Classes dédoublées, maternelle obligatoire et travaux.... La dernière rentrée sous l’ère Gaudin se fait à l’étroit

EDUCATION Entre le manque d'écoles et les mesures gouvernementales, la ville de Marseille cherche tant bien que mal à trouver des locaux pour accueillir les élèves toujours plus nombreux 

Mathilde Ceilles

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Une petite fille dans une classe de Marseille
Une petite fille dans une classe de Marseille — Christophe Simon / AFP
  • Cette rentrée scolaire est la dernière rentrée scolaire en tant que maire pour Jean-Claude Gaudin.
  • Elle est marquée par une pénurie de locaux, alors que les réformes gouvernementales exigent plus de classes.

Savez-vous combien il y a d'écoles à Marseille ? Le Marseillais lambda ignore probablement la réponse à cette question, et c’est bien normal. Il est toutefois plus étonnant d’apprendre que la mairie de Marseille ignorait, elle-même, le chiffre exact… Pendant longtemps, la ville a martelé que la deuxième ville de France comptait 444 écoles. Ce jeudi, lors d’une conférence de presse, les élus disent soudainement répertorier sur le sol marseillais 470 écoles, soit 30 supplémentaires, d’un coup.

« Jusqu’à présent, nous prenions le chiffre des directeurs d’école, explique Danièle Casanova, adjointe LR à l’éducation. Or, nous avons découvert que certains géraient à la fois une maternelle et une élémentaire. Nous comptons donc 470 bâtiments scolaires sous notre responsabilité ».

Un manque d’ouvriers pour les travaux

A moins que ce tour de passe-passe statistique, qui permet de faire gonfler le nombre d’écoles à Marseille, soit bienvenu pour cette dernière rentrée sous Jean-Claude Gaudin. En effet, depuis de nombreuses années, le manque d’écoles marseillaises est une réalité qui a dépassé les frontières du Vieux-Port. Cette année encore, la rentrée se fait à l’étroit. Entre 2000 et 2018, la municipalité a construit 28 nouvelles écoles. Pour l’année 2019, 14 écoles vont faire l’objet de travaux d’extension et d’agrandissement, « afin d’offrir aux élèves marseillais des conditions optimales d’accueil ».

Et ce, alors que le vaste projet de constructions d’écoles en PPP, visant selon la mairie à pallier cette pénurie et qui devait entrer en vigueur pour cette rentrée, est au point mort, jugé illégal par la justice. Et que le personnel municipal actuel est en nombre insuffisant pour mettre en œuvre ces constructions d’écoles devenues urgentes. « Nous manquons d’ouvriers et de techniciens pour faire ses travaux, on va recruter énormément de personnel », annonce Danièle Casanova.

« On est en manque grave de locaux »

Or, pendant ce temps-là, le nombre de nouveaux élèves marseillais ne cesse d’augmenter : la barre symbolique des 80.000 écoliers accueillis sur les bancs marseillais sera franchie cette année. Rien qu’entre la rentrée 2018 et la rentrée 2019, le nombre d’élèves augmente de près de 4 %. « On est en manque grave de locaux à Marseille, déplore Claire Billès, secrétaire départementale du Snuipp des Bouches-du-Rhône. Selon les prévisions statistiques de l’Insee, cette hausse de la population va aller croissant jusqu’en 2025. »

Mais pendant ce temps-là également, le gouvernement impose, en cette rentrée 2019, le dédoublement des CE1 dans toutes les Rep, après le dédoublement des CP en zone prioritaire et des CE1 en Rep +, Un casse-tête pour une ville qui compte 53 % de classes en zone prioritaire en élémentaire, et qui doit trouver de nouveaux locaux dans un contexte déjà tendu.

« Il va falloir trouver de la place »

Sur les 51 nouvelles classes concernées, comparées à l’année dernière, la moitié va être ainsi dédoublée, tandis que l’autre sera assurée par deux enseignants. « Nous arrivons à un chiffre total de 65 % des classes dédoublées, tient à préciser Danièle Casanova. Nous sommes en train de trouver des solutions, et nous réalisons un audit des logements de fonction pour les transformer en locaux scolaires. Mais si le gouvernement veut dédoubler les grandes sections de maternelle, l’année prochaine, il va falloir trouver de la place. »

Car en maternelle aussi, ça coince : dès lundi, la scolarisation devient obligatoire à partir de 3 ans en France, et les élus marseillais disent ignorer l’afflux d’élèves que générera une telle mesure gouvernementale. « Le taux de scolarisation actuel des enfants de 3 à 5 ans à est estimé à Marseille à 85 % », indique la mairie dans un communiqué de presse. Pour faire face à cette nouvelle hausse, des solutions ont été mises en œuvre, comme l’installation de lits superposés dans les dortoirs pour permettre de coucher tous les petits. Pour l’heure, 31.135 élèves sont inscrits en maternelle et 49.131 en école élémentaire à Marseille. « Mais la totalité des élèves ne sera pas là le 1er septembre, une partie n’est pas là, encore en vacances, et il y a constamment de nouvelles arrivées » rappelle Claire Billès. Rendez-vous donc dans quelques semaines…