Pré-rentrée des enseignants : Les profs stagiaires oscillent entre stress et envie de se jeter à l’eau

TOUS EN CLASSE Les profs font leur retour à l’école ce vendredi, avant leurs élèves lundi

Delphine Bancaud

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Une enseignante avec ses élèves.
Une enseignante avec ses élèves. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA
  • 20 Minutes donne la parole à des professeurs stagiaires qui font leur pré-rentrée ce vendredi.
  • Ils auront la responsabilité d’une classe pour la première fois, à mi-temps, tout en continuant à se former en parallèle à l’INSPE (Institut national supérieur de professorat).
  • Un stress compensé par l’envie de constater ce qu’ils vont donner sur le terrain et leur hâte à découvrir leurs nouveaux élèves.

Un saut dans le grand bain. Ce vendredi, jour de pré-rentrée des enseignants, les professeurs stagiaires seront un peu plus stressés que leurs collègues. Car ils auront la responsabilité d’une classe pour la première fois, à mi-temps, tout en continuant à se former en parallèle à l’INSPE (Institut national supérieur de professorat).

Ce sera le cas d’Adeline, qui enseignera à la maternelle, en moyenne section. « C’est plutôt bien de commencer par ce niveau, car les enfants sont déjà habitués à l’école et ne pleurent plus en arrivant. Et j’aurais eu trop de pression avec des élèves de grande section, qu’il faut préparer à l’entrée en primaire », commente-t-elle. A contrario, Léa est ravie d’avoir hérité d’une classe de grande section : « Les enfants ont déjà appris à être élèves et ont déjà acquis une certaine autonomie. C’est plus facile de commencer à enseigner dans ces conditions », estime-t-elle. Pour Elisa, qui fera ses premiers pas de prof en moyenne section, c’est le grand flou : « A quelques jours de la rentrée, je ne sais pas combien d’élèves j’aurai dans ma classe, ni si j’aurai des élèves porteurs de handicap ».

Certains se sont déjà retrouvés face à des élèves… d’autres pas

Si certains de ces néos profs ont déjà eu un aperçu concret de leurs missions en faisant des stages où ils étaient mis en situation, ce n’est pas le cas d’Adeline : « J’appréhende, car je n’ai fait que des stages d’observation. Là, je vais me jeter dans la cage aux lions et je serai toute seule face à mes élèves, sans tuteur dans la classe. Je vais avoir du mal à m’endormir ces jours-ci », prévoit-elle. Léa a un peu plus d’expérience de la gestion de classe, ce qui la rassure : « J’ai déjà fait des stages où j’étais face aux élèves, en petite et grande section et en CM1. L’occasion de m’initier à la tenue d’une classe et à la prise de décision pédagogique ».

Lors de leur année de stage, ces néos pros sont généralement affectés dans une classe avec un autre prof stagiaire, qui assure la classe lorsqu’eux-mêmes sont en formation à l’INSPE et vice-versa. D’où l’importance de se roder rapidement au travail en équipe, comme l’a fait Julien : « J’ai préparé mes premières séquences de classe avec mon binôme et j’ai réfléchi à la progression des apprentissages que nous allions mettre en place pour l’année. Et comme nous serons tous deux dans la classe les trois premières semaines de septembre, cela va nous permettre de caler les choses ». Et quand on est sur la même longueur d’onde, c’est plus facile, souligne Adeline : « Avec mon binôme, on a les mêmes idées d’exercices à donner aux élèves. Cela va nous permettre d’assurer une vraie cohérence pédagogique », estime-t-elle. Même alchimie entre Léa et son acolyte : « Nous avons tous deux envie que nos élèves fassent beaucoup de manipulations et qu’ils ne soient pas statiques en classe ».

« Il faudra une super organisation »

Pour se rassurer au maximum, certains profs stagiaires se sont préparés tout l’été à la rentrée. « J’ai lu des manuels et beaucoup de publications sur Internet. J’ai aussi préparé des activités pour les deux premiers jours de classe », précise Elisa, qui aura la charge d’une classe de moyenne section de maternelle. « Avec l’enseignant avec qui je partagerai la classe, nous avons programmé les séances sur toute l’année, en veillant à leur progression dans le temps », explique aussi Adeline.

Mais difficile de tout anticiper, et tous sont bien conscients des défis qu’ils auront à relever : « Sur 29 élèves dans ma classe, je sais déjà qu’il y aura un allophone et un autre présentant des troubles des apprentissages. Il faudra faire du cas par cas », indique Adeline. Autre difficulté : à côté de leurs heures en classe, les professeurs stagiaires devront poursuivre leur formation à l’INSPE. Pas facile à concilier, reconnaît Adeline : « J’aurai un mémoire à rédiger, beaucoup de réunions à prévoir en dehors de mon temps de classe. Il faudra une super organisation », anticipe-t-elle. « Ce ne sera pas une année de tout repos, mais je me ferai des priorités », prévoit Léa. « Ce que je redoute le plus, ce sont les relations avec les parents d’élèves », confie pour sa part Elisa.

« J’ai hâte de voir ce que je donne sur le terrain »

Même s’ils seront seuls face aux élèves, les profs stagiaires bénéficieront quand même d’un accompagnement : « J’aurai quatre visites de l’inspecteur d’académie dans ma classe cette année et quatre visites de mon tuteur de l’INSPE. Cela me permettra de réajuster mes pratiques pédagogiques en cours de route », indique Léa.

Et si la peur de l’inconnu se fait bien ressentir à quelques jours de la rentrée, elle est aussi mêlée à une forme d’excitation : « J’ai hâte de voir ce que je donne sur le terrain. On m’a souvent dit que j’étais doté d’une autorité naturelle. Je voudrais vérifier si c’est réellement le cas », sourit Adeline. « J’ai choisi ce métier car j’avais envie de transmettre aux enfants. Alors, il me tarde de découvrir mes premiers élèves », confie Julien. « Ce sera merveilleux de les voir s’épanouir progressivement à l’école », renchérit Elisa.