Pyrénées : Vous voulez apporter votre pierre à l’Histoire ? On vous attend à 1.800 m d’altitude

PATRIMOINE Un appel à bénévoles a été lancé dans les Hautes-Pyrénées pour reconstruire des «frigos» de bergers ancestraux et un enclos sur le site du Liantran, dont l’occupation remonte au Néolithique

Nicolas Stival

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Le chantier du site pastoral du Liantran, dans les Hautes-Pyrénées.
Le chantier du site pastoral du Liantran, dans les Hautes-Pyrénées. — Maison de la Montagne
  • Le site du Liantran se trouve dans le Parc national des Pyrénées, à 1.800 mètres d’altitude.
  • Des bénévoles sont invités à s’y rendre les 13 et 14 septembre, afin de continuer à restaurer un espace pastoral déjà occupé au Néolithique, voici 7.000 ans.

C’est un lieu planté à 1.800 mètres d’altitude, dans le Val d’Azun, au cœur du Parc national des Pyrénées. Pendant des milliers d’années, des hommes ont occupé le site du Liantran, pour faire paître leurs bêtes. Certains vestiges archéologiques remonteraient même au Néolithique, voici 7.000 ans.

Aujourd’hui, des passionnés s’affairent à reconstruire cet habitat pastoral. En juin, une cabane en pierres du XVIIIe siècle a été remontée, dans le cadre d’un chantier « Patrimoine et insertion », avec des associations de jeunes migrants, de gens du voyage et de jeunes de quartiers prioritaires.

En cette fin d’été, un appel à bénévoles est lancé en vue des 13 et 14 septembre. Il s’agit de rebâtir un enclos en terre sèche ainsi que deux leytés, petits ouvrages de pierre destinés à conserver au frais des aliments comme du lait, typiques de la montagne bigourdane. Les candidatures se font par téléphone (05 59 30 18 94) ou courriel (contact@lamaisondelamontagne.org).

« Une vingtaine de personnes serait suffisante, mais si on est une quarantaine, on aura certes moins de travail, mais on passera aussi un moment convivial », indique Maël Morel, formateur chez les compagnons du Tour de France, et membre de la Maison de la Montagne. Cette association paloise chapeaute le projet, en collaboration avec le Parc national des Pyrénées et le Sivom de Labat-de-Bun, fruit du regroupement de quatre villages (Bun, Arcizans-Dessus, Estaing et Gaillagos).

Pas utile de savoir bricoler, mais il faut marcher

Pas besoin d’être un bricoleur hors pair pour postuler. Il suffit d’être enthousiaste, d’aimer le travail d’équipe, le bivouac, et de pouvoir avaler trois heures de marche et 700 mètres de dénivelé, afin de rejoindre les lieux depuis le lac d’Estaing. Vous sentirez alors le souffle de l’Histoire balayer ces hautes terres du Liantran.

« Voici deux ans, deux archéologues venues de Toulouse avaient été surprises de l’étendue du site et du nombre de ruines, reprend Maël Morel. Le dernier occupant des lieux était un berger, au début du XXe siècle. »

Depuis le commencement des travaux, un espace a été recréé pour les professionnels des activités pastorales, mais aussi pour les randonneurs, qui peuvent faire une halte dans la cabane retapée en juin. Quatre personnes peuvent y dormir dans un confort spartiate, mais dans un esprit de convivialité et de partage propre à la haute montagne, également requis pour participer au chantier de la mi-septembre.