Réforme des retraites: Syndicats et politiques réagissent après les propos d'Emmanuel Macron

TRAVAIL Une grande concertation nationale doit être lancée à l’automne

L.Br. avec AFP

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François Bayrou, le 16 décembre 2017 à Paris.
François Bayrou, le 16 décembre 2017 à Paris. — Philippe LOPEZ / AFP

Dans la longue interview qu’il a accordée à France 2 lundi soir à Biarritz, Emmanuel Macron a évoqué son projet de refonte du système des retraites, une promesse de campagne. Le président français a écarté  «l'âge pivot» préconisé par le haut-commissaire à la réforme Jean-Paul Delevoye. Il a dit sa préférence pour un calcul des droits à la retraite lié à la durée de cotisation plutôt qu’à l’âge de départ.

Pour « que ce soit juste en termes de cotisations (…), je préfère qu’on trouve un accord sur la durée de cotisation plutôt que sur l’âge, a plaidé le président, car si vous avez un accord sur la durée, si vous commencez plus tard, vous finissez plus tard, et quand vous commencez plus tôt vous partez plus tôt ». Une solution qui divise les observateurs.

François Bayrou, président du MoDem

Le maire de Pau estime que la priorité dans la réforme des retraites devait être le « maintien du niveau » des pensions. Pour y arriver, l’ancien ministre valide la méthode Macron. « La durée de cotisation, c’est en effet une manière d’aborder les choses qui, j’en suis sûr, peut faire l’objet d’un chapitre des négociations utile et fructueux », a-t-il approuvé sur Radio classique.

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT

Même approbation du côté de Laurent Berger, qui a salué ce mardi la prudence d’Emmanuel Macron sur l’âge pivot pour les retraites mais attend « les concertations » avec le Premier ministre « pour voir comment ça va bouger ». « Il y a eu une annonce hier du président de la République, il a dit que l’âge pivot était une erreur, n’était pas une bonne chose en tout cas », a-t-il lancé au sortir d’une entrevue à Matignon avec Edouard Philippe. « Tant mieux, on l’avait dit aussi, donc maintenant on verra », a-t-il ajouté.

Yves Veyrier, secrétaire général de Force ouvrière

Emmanuel Macron renvoie « à l’option d’un âge d’équilibre individuel » et non plus unique, a commenté lundi soir sur Twitter le secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier. Mais ce « qui pourrait apparaître comme une position moins arbitraire va conduire beaucoup de personnes à travailler au-delà de 64 ans », a-t-il estimé auprès de l’AFP. Avant de souligner que « personne n’est dupe » et de réaffirmer son opposition à « un système universel par points, qui rendra plus difficile d’atteindre le même niveau de pension ».

Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef

Interrogé sur sa réaction face à la proposition d’Emmanuel Macron, le président du Medef a déclaré qu'« il faut faire les deux ». « On a une impasse financière en 2025 et il faudra augmenter le nombre d’annuités et passer à 43 ans, mais on ne fera pas l’économie de l’âge et c’est mentir par omission aux Français que de dire le contraire », a-t-il dit.

« Je ne vais pas accuser le président de la République de mensonge par omission, je veux simplement dire que la vérité c’est qu’on est dans un système » où ce sont « les actifs qui payent pour les retraités », a-t-il poursuivi. « J’espère que ce n’est pas une manœuvre pour enterrer la réforme », a-t-il encore déclaré. S’il se prononce pour un relèvement général de l’âge de la retraite en raison du vieillissement de la population qui menace l’équilibre financier du système, Geoffroy Roux de Bézieux s’est en revanche déclaré favorable à son individualisation « pour prendre en compte les gens qui ont commencé à travailler tôt ».

Les 5 et 6 septembre prochains, les partenaires sociaux seront reçus à Matignon, tandis qu’un processus de « concertation citoyenne » doit être lancé à l’automne. Les syndicats ont rejeté l’hypothèse d’un âge de « taux plein » à 64 ans pour tous, y compris la CFDT qui y a vu un « point rouge ». Plusieurs syndicats ont annoncé une mobilisation de leurs troupes, notamment FO le 21 septembre et la CGT le 24.