Affaire Maëlys : Un ex-détenu assure que Nordahl Lelandais lui a raconté avoir violé la fillette

ENQUETE L'homme, ancien détenu à la prison de Saint-Quentin-Fallavier, a été le voisin de cellule de Nordahl Lelandais pendant six mois

Elisa Frisullo

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Les parents et la sœur de Maëlys, le 27 août 2018, lors d'un rassemblement organisé en mémoire de la fillette, un an après sa disparition.
Les parents et la sœur de Maëlys, le 27 août 2018, lors d'un rassemblement organisé en mémoire de la fillette, un an après sa disparition. — R.Lafabrègue / AFP
  • Un ancien détenu de Saint-Quentin-Fallavier, voisin de cellule de Nordahl Lelandais, affirme que le suspect du meurtre de Maëlys lui a raconté avoir violé l’enfant avant de la tuer.
  • Une version qui met à mal la ligne de défense de l’ancien militaire.
  • Ce dernier a nié avoir tenu de tels propos à son ancien codétenu.

 

Ce témoignage glaçant et accablant, médiatisé deux ans jour pour jour après l’enlèvement et le meurtre de Maëlys, a retenu toute l’attention des enquêteurs et des magistrats. Même si cette version des faits a peu de chance de pouvoir un jour être prouvée. Alors que l’instruction de l’affaire Maëlys pourrait être bouclée dans les prochaines semaines, Le Parisien a révélé lundi les déclarations faites à l’administration pénitentiaire puis à un juge d’instruction par un ancien codétenu de Nordahl Lelandais.

L’homme, voisin de l’ancien militaire à la maison d’arrêt de Saint-Quentin-Fallavier (Isère), affirme que Lelandais lui a raconté avoir violé la fillette puis l’avoir tuée pour l’empêcher de se débattre. Une information confirmée ce mardi après-midi par le procureur de la République de Grenoble Eric Vaillant. Ce témoignage met à mal la version du principal suspect qui affirme avoir emmené Maëlys ce soir-là pour lui montrer ses chiens et l’avoir tuée en lui assénant une grosse claque sans intention de lui donner la mort.

« La piste d’un prédateur sexuel »

« Tout cela fortifie de plus en plus la piste d’un prédateur sexuel et nous amène raisonnablement à penser que le but de Nordahl Lelandais en emmenant Maëlys n’était pas de lui montrer ses chiens. Je n’y crois pas un instant à cette histoire de chiens », indique à 20 Minutes Yves Crespin, l’avocat de l’Enfant Bleu et de la Voix de l'Enfant, deux associations qui se sont constituées parties civiles dans l’affaire Maëlys.

Le témoignage de l’ex-codétenu, libéré en avril après avoir purgé une peine pour des délits de droit commun, est d’autant plus pris au sérieux que, depuis la mort de Maëlys, Lelandais est accusé d’agressions sexuelles sur deux de ses petites-cousines. « On ne peut pas écarter l’idée qu’il avait un but sexuel cette nuit-là, ajoute Yves Crespin. Mais cela va être difficile à prouver ». Selon le parquet de Grenoble, Nordahl Lelandais a nié avoir fait ces déclarations à son ancien codétenu. Et les expertises menées sur le corps de la fillette, retrouvé six mois après sa mort, n’ont pas permis d’apporter des éléments sur les sévices subis ou non par la fillette.

« Ma vie est brisée », écrit la mère de Maëlys

Si la piste du crime sexuel venait cependant à être confirmée, l’ancien maître-chien pourrait être jugé aux assises pour meurtre d’une mineure de 15 ans précédé d’un viol. Des faits pour lesquels il s’exposerait à la réclusion criminelle à perpétuité réelle, avec une période de sûreté illimitée. Dans le cas contraire, la période de sûreté encourue ne pourrait dépasser les 22 ans.

Ce mardi matin, la mère de Maëlys, Jennifer Maeco de Araujo a publié un message en mémoire de sa fille et en écho, très probablement, aux révélations du Parisien. « Ma vie est brisée, changé à jamais (…) J’attends toujours la Vérité, des aveux enfin pour toi, mon ange. Justice pour mon poussin », écrit notamment la mère de famille.