Auvergne : Une trentaine de monolithes découverts dans le Puy-de-Dôme

ARCHEOLOGIE La découverte de ces monolithes ravit l’Inrap, qui compte dater ces pierres avec une prochaine série d’analyses

20 Minutes avec AFP

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Des monolithes (illustration)
Des monolithes (illustration) — Free-Photos/Pixabay
  • « C’est la première fois que de tels alignements, cairn et statue-menhir, sont mis au jour en Auvergne, et plus largement dans le centre de la France », indique l’Institut national de recherches archéologiques préventives.
  • La découverte a été réalisée à Veyre-Monton, entre Clermont-Ferrand et Issoire, dans le cadre des travaux d’élargissement de l’autoroute A75. Elle a révélé des monolithes en basalte « de 1 mètre à 1,60 mètre » dont l’alignement s’étire « sur 150 mètres dans l’emprise de la fouille et vraisemblablement au-delà ».

 

Une découverte exceptionnelle. Ce lundi, l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) a annoncé avoir trouvé une trentaine de monolithes multimillénaires alignés  dans le Puy-de-Dôme. C’est le premier alignement de ce type mis au jour dans le centre de la France. « C’est la première fois que de tels alignements, cairn et statue-menhir, sont mis au jour en Auvergne, et plus largement dans le centre de la France », a-t-il souligné dans un communiqué.

La découverte a été réalisée à Veyre-Monton, entre Clermont-Ferrand et Issoire, dans le cadre des travaux d’élargissement de l’autoroute A75. Elle a révélé des monolithes en basalte « de 1 mètre à 1,60 mètre » dont l’alignement s’étire « sur 150 mètres dans l’emprise de la fouille et vraisemblablement au-delà », poursuit-on de même source.

Ces monolithes sont bordés d’un autre alignement de gros blocs de pierre, dans la continuité duquel cinq pierres composent un ensemble en fer à cheval. Enfin, six autres blocs « régulièrement espacés » forment un cercle de 15 m de diamètre.

Ces pierres ont parfois été mutilées

« À l’image de certains monuments, dont Belz dans le Morbihan, les menhirs de Veyre-Monton ont été abattus afin de les faire disparaître du paysage. Poussés dans de grandes fosses, parfois mutilés ou recouverts de terre, ces monolithes ont fait l’objet de gestes iconoclastes, sorte de condamnation peut-être liée à quelque changement de communauté ou de croyances », explique encore l’Inrap.

Cet ensemble, qui suit un « axe nord-sud » et « évoque les grands monuments mégalithiques armoricains » comme celui de Carnac (Morbihan), présente également une « étonnante perspective » : les plus grands menhirs sont principalement en haut de pente au nord, les plus petits, moins espacés, au sud.

Plus surprenant encore, la présence au sein de l’alignement principal d’un menhir « sculpté » et « grossièrement anthropomorphe ». Cette « statue », le « seul exemplaire connu en Auvergne » présente « une éminence arrondie, posée sur des épaules sommairement dégrossies, ainsi que deux petits seins ».

« Peu d’indices de datation » laissés sur place

Une sépulture accueillant « les restes d’un homme de grande taille » a été également mise au jour, recouverte d’un cairn « quadrangulaire » de 14 mètres de long et 6,50 mètres de large. Ce dernier, à l’instar de l’alignement des monolithes, a été « délibérément effacé du paysage », selon l’Inrap.

« Peu d’indices de datation » ont été laissés sur place par les communautés qui se sont succédé pour établir une « chronologie précise », indique encore l’Inrap, qui compte y parvenir avec une prochaine série d’analyses, notamment celle du squelette. Pour l’heure, l’Inrap estime que l’occupation principale du site couvrirait une période allant du néolithique à l’âge du bronze.