VIDEO. Grand Est : Une mère et sa fille explorent de mystérieux lieux abandonnés

EXPLORATION Marion et sa fille Claire pratiquent depuis plusieurs années l' « urbex », l’exploration urbaine, et partagent leurs aventures sur les réseaux sociaux

Nils Wilcke

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Marion et sa fille Claire pratiquent l'urbex depuis de nombreuses années.
Marion et sa fille Claire pratiquent l'urbex depuis de nombreuses années. — Urbex 55
  • Dans le Grand Est, Marion, 46 ans, et sa fille Claire, 20 ans, pratiquent « urbex » – ou exploration urbaine – dans des lieux abandonnés.
  • Une pratique illégale qui les passionne depuis plusieurs années et leur donne le goût du risque.
  • Marion raconte comment lui est venue cette passion, qu’elle partage sur les réseaux sociaux.

Quand certains se contentent de frissonner en regardant une série à la maison, Marion*, 46 ans, et sa fille Claire*, 20 ans, ont une tout autre façon d’occuper leurs journées de libre. Ces deux aventurières en herbe explorent des lieux inhabités dans l’Est de la France et en Europe. Leur activité porte un nom : l’« urbex », une pratique très en vogue ces dernières années.

Pourtant, pour Marion et Claire, c’est loin d’être un effet de mode. « On a ça dans le sang, explique la mère. Déjà petite, j’explorais tous les endroits abandonnés que l’on voyait avec mes parents ». Ça tombe bien, la région Grand Est, et notamment la Meuse ou encore la Meurthe-et-Moselle, regorge de bâtiments militaires et industriels laissés à l’abandon, vestiges des conflits meurtriers passés.

Une activité illégale et risquée

Qu’est ce qui peut bien attirer leur attention ? « Il y a des forts militaires, des églises, des anciennes usines ». C’est cette dernière option qui a la préférence de Marion : « Il y a un côté agressif, industriel, on peut imaginer ce que vivaient les travailleurs sur place… Je trouve ces lieux passionnants », explique-t-elle. Depuis trois ans, mère et fille partagent leur passion et postent leurs photos sur leur page Facebook et leur compte Instagram baptisés Urbex 55.

Elles ont bien conscience que leur activité d’exploratrice n’est pas sans risque. Des adeptes de l’urbex sont régulièrement victimes d’accidents, en raison de la vétusté des lieux visités. Les deux femmes sont aussi tombées sur des squatteurs, des sans-abri… C’est pour cette raison qu’elles se déplacent toujours à deux et qu'elles préviennent leurs proches avant chaque exploration. Pour minimiser les risques d'accidents, l'équipement est aussi important: casque vissé sur la tête, chaussures de sécurité, vêtements adaptés... Rien n'est laissé au hasard.

Plus de 200 lieux visités

Pour corser l’aventure, l’urbex est une pratique illégale. Les deux exploratrices, qui pénètrent dans des lieux privés, s’exposent à une amende, voire à une peine de prison. Voilà pour la théorie. « En réalité, les propriétaires que nous avons rencontrés se sont montrés plutôt compréhensifs. Certains nous ont même fait la visite ». Les terrains militaires sont plus risqués. Les deux femmes s’exposent en effet à des poursuites pour espionnage ou atteinte à la sûreté de l’État. Marion et Claire se sont déjà retrouvées nez à nez avec un militaire en visitant un terrain appartenant à l’armée. La rencontre s’est heureusement bien passée et elles ont pu repartir en toute liberté.

« On sait qu’il y a des risques, avance Marion, mais c’est aussi ce côté transgressif qui rend ces explorations aussi intéressantes ». Visite d’un « château de princesse » sur le point d’être rasé en Belgique, d’un hôpital psychiatrique abandonné en Moselle ou d’une mine laissée intact avec ses équipements à la frontière belge… En quelques années, elles ont visité plus de 200 lieux.

En rêvant de Tchernobyl

Elles passent des heures à préparer leurs nouvelles visites sur Google Earth. Comment repérer des zones potentiellement explorables ? Marion a une astuce : « Il faut repérer les emplacements le long des rivières dans des zones pas trop urbanisées ».

« On en prend plein les yeux », s’amuse la mère de famille. Leur rêve ? Se rendre dans le secteur de Tchernobyl, en Ukraine. Dans les zones interdites au public depuis la catastrophe nucléaire de 1986. « C’est une partie importante de l’Histoire, indique Marion. On veut tenter de comprendre ce que les personnes sur place ont pu vivre ».

*Leurs prénoms ont été changés à leur demande