La Fnac classe les écrivains antillais dans la catégorie «étranger», un député de Guyane demande des explications

POLEMIQUE Gabriel Serville, qui milite pour une meilleure représentativité des Outre-mer, estime que ce classement des auteurs antillais dans la catégorie « roman étranger » est « méprisant »

20 Minutes avec agence

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La Fnac classe les auteurs antillais dans la catégorie « étrangers » (Illustration)
La Fnac classe les auteurs antillais dans la catégorie « étrangers » (Illustration) — M.LIBERT/20 MINUTES

Il demande des explications. Le député de la première circonscription de Guyane, Gabriel Serville, a interpellé la Fnac sur le classement dans les magasins de certains auteurs d' Outre-mer dans la catégorie « étranger », photo à l’appui.

« Merci de m’expliquer quel cheminement vous a amené à classer les auteurs antillais et guyanais dans "Roman étranger' », a écrit ce samedi l’élu dans un tweet repéré par le Huffington Post. « Considérer nos auteurs comme étrangers à la littérature française est non seulement méprisant (…) mais témoigne surtout de cet automatisme qui consiste à toujours nous exclure », a-t-il ajouté.

Réponse « hasardeuse » et « manque de volonté »

Ce lundi, la Fnac a tenté de répondre à la polémique sur BFMTV. « L’objectif est de proposer le parcours le plus simple pour les clients », a indiqué une porte-parole du groupe, expliquant que le rayon « Antilles » regroupe l’ensemble des écrivains de l’archipel et pas seulement ceux des Antilles françaises. « Idéalement, la classification serait plus précise avec une sous-catégorie », a-t-elle ajouté. Visiblement, l’élu n’a pas été convaincu par cette réponse qu’il juge « hasardeuse ». « Cela ne m’explique toujours pas pourquoi vous considérez les auteurs Guadeloupéens, Guyanais et Martiniquais comme étrangers ? Merci de m’éclairer », a-t-il réagi.

Auprès du Huffpost, il a ensuite indiqué avoir adressé un courrier à la direction de la Fnac, « car je ne peux me contenter de leur réponse ». Le groupe lui a alors répondu que la mise en place d’une sous-catégorie poserait un « problème de place » dans les magasins. Ue nouvelle justification toujours insatisfaisante pour le député de Guyane, qui déplore un « manque de volonté » de l’enseigne. Gabriel Serville souhaite « que l’on considère les Outre-mer comme les autres régions de France ».