Etudes supérieures, lycée, collège… Quelles aides financières pour la rentrée?

ARGENT Le coût de la scolarité augmente tous les ans, et pour y faire face, des aides sont disponibles afin de soutenir les familles

Romarik Le Dourneuf

— 

Le coût de la scolarité augmente de 0.17% en France en 2019
Le coût de la scolarité augmente de 0.17% en France en 2019 — K.Philips
  • En 2019, le coût de la scolarité augmente de 5 % en moyenne au collège et de 2,83 % pour les études supérieures.
  • Des bourses sur critères sociaux sont disponibles, du collège aux études supérieures
  • Amenés à bouger toujours plus, les étudiants disposent aussi d’aides à la mobilité aux différentes étapes de leur scolarité.

Ce mardi, a commencé le versement de l'allocation de rentrée scolaire à 3 millions de familles en France. Alors que le coût de la scolarité augmente de 5 % en moyenne au collège, selon la Confédération syndicale des familles, et de 2.83 % pour les études supérieures, selon le syndicat étudiant la Fage, des aides financières existent pour soutenir les parents et étudiants face à ces dépenses. Et s’il est souvent nécessaire de s’y prendre assez longtemps en amont pour les demander, certaines sont encore disponibles.

Des bourses à chaque étape

Les bourses de l’enseignement supérieur ne sont pas inconnues des Français, puisque selon une note du ministère de l’Enseignement supérieur, 39 % des étudiants étaient boursiers en 2017. Les financements les plus fréquemment alloués aux étudiants sont les bourses sur critères sociaux. La demande s’effectue normalement du 15 janvier au 15 mai sur le site messervices.etudiant.gouv.fr, mais le serveur est ouvert jusqu’au 31 décembre pour les demandes « hors délai ». Toutefois, pour être assuré de toucher la bourse dès le premier mois, mieux vaut la faire avant le 31 octobre. Les bourses sur critères sociaux, réparties en 8 échelons, vont de 1.020 à 5.612 euros.

Pour les étudiants qui connaîtraient des difficultés particulières, comme une rupture familiale, une indépendance financière subie ou une reprise d’études après 28 ans, l’aide spécifique annuelle peut se substituer à la bourse sur critères sociaux. Elle se demande selon les mêmes conditions. Dans le cas ou un événement exceptionnel interviendrait dans l’année, il est possible de demander l’aide spécifique ponctuelle à n’importe quelle période. Pour demander ces aides, il faut s’adresser au service social du Crous duquel dépend l’étudiant.

Pour les lycéens boursiers qui ont obtenu une mention « très bien » au baccalauréat, il existe l’aide au mérite. Ici, nul besoin d’en faire la demande, c’est le Crous qui identifie les bénéficiaires de l’aide et qui verse 900 euros en 9 mensualités. Elle peut être versée sur 3 années si l’étudiant(e) ne double pas une année (sauf raison médicale) et qu’il/elle est toujours boursier (ère). Le premier versement a lieu en septembre.

L’aide à la mobilité

Parmi les étudiants qui entrent en première année, certains ont quitté l’académie de leur résidence. Afin de compenser une partie des dépenses entraînées par le déménagement, le Crous propose l’aide à la mobilité Parcoursup. D’un montant de 500 euros, elle est attribuée après examen du dossier et inscription dans le nouvel établissement. Le formulaire de demande est disponible sur le site amp.etudiant.gouv.fr et doit être renvoyé avant le 14 septembre. Attention, cette aide ne concerne que les lycéens qui étaient boursiers lors de l’année scolaire précédente et qui ont accepté un vœu « mobilité » sur Parcoursup.

Il existe également une aide à la mobilité spéciale pour les nouveaux entrants en master. Elle concerne les étudiants qui changent d’académie après l’obtention de leur licence. D’un montant de 1.000 euros, elle est versée dans le mois qui suit le dépôt du formulaire complet de la demande sur le site Internet dédié. La demande peut être faite jusqu’au 30 avril de la première année de master.

L’encouragement à partir à l’étranger

Comme 85.409 jeunes en 2018, des milliers d’étudiants et apprentis français bénéficieront du programme Erasmus+ cette année. S’il est préférable de s’y prendre 6 mois à un an en avance pour demander la bourse Erasmus, il est toujours temps de le faire auprès du service relations internationales de son établissement. Pour des séjours qui doivent être compris entre 3 mois et 1 an, les bourses oscillent de 300 à 450 euros mensuels pour un stage et entre 150 et 300 euros mensuels pour des études. Les montants sont fixés en fonction du coût de la vie dans le pays de destination. Cette bourse est cumulable avec les autres bourses délivrées sur critères sociaux.

Le programme Erasmus n’est pas obligatoire pour faire une formation d’enseignement supérieur à l’étranger. Si elle a lieu dans le cadre d’un échange ou d’un stage, il est possible de demander l’aide à la mobilité internationale. Elle est destinée aux boursiers sur critères sociaux et à ceux qui bénéficient d’une allocation spécifique pour étudiant en difficultés (à condition de préparer un diplôme national relevant de la compétence du Ministère de l'enseignement supérieur). Le séjour doit durer entre 2 et 9 mois consécutifs. La demande s’effectue également auprès du service relations internationales de son établissement pour obtenir cette aide, dont le montant s’élève à 400 euros par mois. La demande de subvention doit être faite avec celle de la formation.

Un coup de pouce pour le logement

Le logement représente souvent une part très importante dans le budget des étudiants. Pour alléger ce poids, plusieurs dispositifs existent. Certains sont disponibles pour tous, comme ceux de la Caf, à savoir l’aide personnalisée au logement (APL), l’allocation de logement social (ALS) et l’allocation de logement familial (ALF), ou encore le fonds social de logement.

Lorsqu’il cherche un logement, un étudiant doit en général présenter des garants. Malheureusement, certains n’en ont pas, ou alors ceux-ci ne présentent pas suffisamment de garanties aux yeux du propriétaire. Pour compenser ce problème, la garantie Visale se pose en caution pour l’étudiant. Mise en place par Action logement (ex-1 % logement), elle couvre les loyers et charges impayés de la résidence principale du locataire dans la limite de 36 mois. Si l’étudiant ne peut régler certains loyers ou certaines factures (électricité, gaz…), la garantie Visale payera le propriétaire et proposera un échéancier de remboursement au locataire. Disponible pour les jeunes de 18 à 30 ans, l’adhésion au dispositif doit être effectuée avant la signature du bail.

Les étudiants en alternance bénéficient d’un programme spécifique à leur condition : Mobili-jeune. Qu’ils soient en contrat de professionnalisation ou de qualification, les étudiants de moins de 30 ans peuvent recevoir une aide allant de 10 à 100 euros par mois. Versée semestriellement, elle n’est valable qu’un an. Quelques conditions y sont, bien entendu, attachées : gagner le Smic au maximum, avoir un contrat dans le secteur privé non-agricole (sinon il faut demander l’Agri-mobili-jeune), et bien entendu être locataire de sa résidence principale. La demande de cette aide doit être effectuée de 3 mois avant à 6 mois après le début de la formation.

Des mesures pour le collège et le lycée

Les collégiens et lycéens ne sont pas en reste pour les aides, puisque des bourses spécifiques existent pour chacun.

La bourse du collège est attribuée selon des critères sociaux. La demande se fait à partir du 2 septembre auprès de l’académie concernée. Les parents ont alors jusqu’au 17 octobre pour effectuer la demande de cette bourse, qui va de 105 à 456 euros. La bourse du lycée, elle, se demandait en ligne jusqu’au 4 juillet dernier. Toutefois, il est toujours possible de faire la réclamer par formulaire papier, également jusqu’au 17 octobre, pour obtenir de 402 à 1.002 euros.

Si ces bourses ne suffisent pas à faire face à toutes les dépenses, il est possible de faire appel au fonds social collégien ou lycéen. Que ce soit pour le transport, la cantine, les équipements professionnels ou de sport, il est attribué après une demande effectuée à partir de la rentrée auprès de l’établissement scolaire lui-même. C’est le conseil d’administration et le chef de l’établissement qui décident des montants et des conditions d’attribution.

Un geste pour les activités extrascolaires

La rentrée des classes coïncide avec les rentrées sportives et culturelles. Ainsi, pour les jeunes qui souhaitent pratiquer une activité extrascolaire comme du théâtre, du sport ou adhérer à une association, il existe les Tickets loisirs jeunes. Délivrés par la Caf, ils sont disponibles pour les allocataires en fonction de leur quotient familial. Sous la forme d’un chéquier de 5 tickets de 10 euros, ils permettent de régler l’adhésion à bon nombre d’activités. Il faut les demander dès la notification annuelle de ses droits par la Caf.

Des subventions via les collectivités locales

Quels que soient les besoins des élèves de collège, de lycée ou des étudiants, il ne faut enfin pas hésiter à solliciter les collectivités auxquelles ils/elles appartiennent. Les mairies, conseils départementaux et régionaux octroient souvent des aides complémentaires pour soutenir les jeunes de leur territoire.