Rennes: Un rassemblement contre le renvoi en Italie de l'activiste Vincenzo Vecchi

CAVALE Condamné à 13 ans de prison en Italie, Vincenzo Vecchi a été arrêté la semaine dernière en Bretagne, où il vivait depuis huit ans

Julie Urbach

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Un comité de soutien à Vincenzo Vecchi s'est constitué
Un comité de soutien à Vincenzo Vecchi s'est constitué — F. Tanneau / AFP
  • L'activiste italien de 46 ans devait comparaître en fin de matinée devant la justice, en vue d'une possible remise aux autorités italiennes.
  • Ses soutiens espèrent un report de l'audience afin que Vincenzo Vecchi ait le temps de mieux préparer sa défense.

Environ 150 personnes se sont réunies mercredi matin à Rennes en soutien au militant Vincenzo Vecchi. Cet Italien de 46 ans devait comparaître en fin de matinée devant la justice, en vue d’une possible remise aux autorités italiennes. Incarcéré depuis son arrestation jeudi en Bretagne, Vincenzo Vecchi est sous le coup d’un mandat d’arrêt européen. Condamné à 13 ans de prison en Italie et recherché depuis le G8 de Gênes en 2001, l’activiste était en cavale en France.

Portant des affichettes où était écrit « Libérez Vincenzo », ces soutiens ont fait le déplacement depuis la commune de Rochefort-en-Terre et des villages voisins, dans le Morbihan, là où vivait depuis huit ans Vincenzo Vecchi, à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Rennes. « On a zéro nouvelles de lui » depuis son interpellation, a expliqué Jean-Pierre, porte-parole du comité de soutien qui s’est très rapidement constitué en fin de semaine dernière. « On s’achemine vers un procès politique », a estimé le porte-parole, en espérant « un report » de l’audience de ce mercredi afin de permettre à Vincenzo Vecchi de mieux préparer sa défense.

Faire entendre la complexité de sa situation

Il assure que le président de la République Emmanuel Macron « peut faire » ce qu’avait fait en son temps l’ancien président François Mitterrand, qui avait permis, dans les années 1980, à des militants italiens poursuivis dans leur pays de rester vivre en France. « Amener un antifasciste à un gouvernement fasciste, c’est du pain béni pour Salvini », l’actuel ministre de l’Intérieur italien, a fait valoir le porte-parole du comité de soutien.

« Ce que nous allons demander à la justice, c’est un supplément d’information pour que la cour puisse disposer de toutes les informations concernant Vincenzo Vecchi », a déclaré devant les journalistes, quelques minutes avant le début de l’audience, Me Catherine Glon, qui défend le militant. « Notre priorité, c’est de faire entendre la complexité de sa situation à la cour (…) Je pense que le nombre de personnes qui sont là, de tous horizons, montre que la situation est à la fois sensible et à prendre en compte », a commenté l’avocate.

Mardi, Me Catherine Glon avait expliqué que le mandat d’arrêt qui vise son client est une « demande par l’Italie d’exécution de décisions (suite à des procès, NDLR) à Gênes et à Milan où il n’était pas présent ».