Trottinettes électriques: Une association de victimes d’accidents reçue au ministère des Transports

MOBILITE L’association prévoit également de porter plainte contre la ville de Paris pour mise en danger de la vie d’autrui

Manon Aublanc

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Des trottinettes sur un trottoir à Paris (illustration).
Des trottinettes sur un trottoir à Paris (illustration). — Clément Follain / 20 Minutes

Elle dénonce l’inaction des pouvoirs publics et réclame une législation beaucoup plus stricte. Une association regroupant  des piétons percutés par des usagers de trottinettes électriques doit être reçue, ce lundi, au ministère des Transports.

L’association « Apacauvi », qui signifie « Association philanthropique action contre l’anarchie urbaine vecteur d’incivilité », estime que l’usage de la trottinette électrique n’est pas assez encadré et envisage même de porter plainte contre la mairie de Paris.

Vers une vérification d’identité des opérateurs ?

Alors qu’un décret, prévoyant l’interdiction pour les trottinettes de circuler sur le trottoir, est prévu pour septembre, pour l’association, la mesure est loin d’être suffisante : « On imagine mal un policier courir pour rattraper et verbaliser un contrevenant », a confié au Figaro Arnaud Kielbaza, l’un des responsables de l’association, dont l’épouse, qui tenait leur enfant dans les bras, a été percutée par une trottinette électrique.

Pour l’association, les opérateurs, c’est-à-dire les entreprises qui mettent à disposition ces trottinettes électriques, doivent être contraints de tenir une base de données rigoureuse de leurs clients. Le petit groupe réclame l’enregistrement des cartes d’identité des usagers lors des inscriptions sur les applications de location de trottinettes électriques. Une solution qui permettrait aux forces de police d’identifier systématiquement les conducteurs d’engins responsables d’accident.

L’association en guerre contre l’image écolo des trottinettes électriques

Plusieurs villes ont d’ores et déjà pris des mesures pour tenter de mieux encadrer l’usage de ces appareils. Depuis le mois d’avril à Paris, et le 1er août à Marseille, les trottinettes ne doivent plus rouler sur les trottoirs. A Paris, depuis le 30 juillet, la mairie a même interdit le stationnement de ces engins sur les trottoirs. De son côté, l’association suggère de confier la verbalisation des trottinettes électriques à des sociétés privées. L’association veut même aller encore plus loin et veut déposer plainte contre la ville de Paris pour mise en danger de la vie d’autrui, estimant que les mesures garantissant la sécurité des piétons n’ont pas été prises.

Pour le petit groupe, cette réunion sera également l’occasion d’aborder les questions environnementales et sociales qui flottent autour des trottinettes électriques. « Elles ont des batteries au lithium pour lequel il n’existe pas de filière de recyclage », a fustigé Arnaud Kielbaza auprès de nos confrères. L’autre point négatif pour eux, c’est la main-d’œuvre à bas prix utilisée pour recharger les appareils. Chaque jour, les trottinettes sont récupérées par des personnes qui les rechargent chez eux moyennant quelques euros.