C'est depuis cette salle que le centre de prévention supervise tous les départs de feux du département des Bouches-du-Rhône.
C'est depuis cette salle que le centre de prévention supervise tous les départs de feux du département des Bouches-du-Rhône. — Adrien Max / 20 Minutes

INCENDIE

Bouches-du-Rhône: Invisible du public et pourtant essentiel, immersion dans le service de prévention des feux de forêts

Alors que le risque incendie s’annonce très sévère la semaine prochaine en raison du mistral, le service de prévention des feux de forêts des Bouches-du-Rhône se prépare

  • Le service prévention des feux de forêts des Bouches-du-Rhône dispose de vigie et de patrouilleurs pour traiter les incendies le plus rapidement.
  • Une vigilance de tous les instants qui permet de traiter en moyenne 500 départs de feux, pour deux à trois gros incendies par été.
  • Le service feux de forêts de Météo-France permet également d’anticiper les risques.

Une série d’écrans alignés digne d’une superstar de e-sport. Sauf que l’ennemi ne prend pas le visage d’un personnage modélisé, mais celui des flammes. Deux opérateurs scrutent les écrans des yeux, à la recherche de la moindre fumée. Bienvenue au centre de prévention des feux de forêts installés au sein du service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône.

C’est depuis cet endroit que sont surveillés tous les départs de feux du département, où sont réunis les sapeurs-pompiers, l’Office national des forets (ONT), la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) et les forestiers et sapeurs du département. Premier rempart contre les feux, des vigies. « Il y en a une trentaine disposée sur les points hauts du département. Elles sont équipées de caméras qui permettent de détecter d’éventuelles fumées », détaille Philippe Lanine, chef du service forestier et sapeurs des Bouches-du-Rhône.

Le rôle essentiel des patrouilles

Dans le cas où une fumée est détectée, ou si les pompiers reçoivent un appel leur en signalant une, c’est au tour des patrouilles VSI de prendre le relais. « Nous en avons une soixante disposées dans tout le département en ce jeudi. Elles sont équipées d’une cuve de 600 litres d’eau, et leur positionnement leur permet d’intervenir en six à sept minutes partout sur le territoire », explique Fabien Garbati, expert groupement feux de forêts du SDIS 13.

La carte recensant toutes les patrouilles VSI, les premières à intervenir en cas de départ de feux.
La carte recensant toutes les patrouilles VSI, les premières à intervenir en cas de départ de feux. - Adrien Max / 20 Minutes

Elles ont un rôle essentiel à plusieurs titres. « Généralement, ce sont les premiers à arriver sur les lieux. Les patrouilles peuvent ainsi dire précisément d’où part le feu, son intensité, la nature des végétaux et le risque de propagation. Cela permet d’adapter les secours à mettre en place. Grâce à leur cuve d’eau ils peuvent également traiter le départ de feu s’il n’a pas pris trop d’ampleur », ajoute Philippe Laine.

500 départs de feux chaque année

Une fois les pompiers arrivés sur place, en 15 à 20 minutes en moyenne, la patrouille peut se repositionner en cas de nouveaux départs de feu. « Et les jours à risque, ils s’enchaînent. Je me souviens aussi d’un camion dont les freins étaient bloqués sur la RN7. A lui seul il a provoqué 11 départs de feu, heureusement qu’un gros camion n’a pas eu à se déplacer », se remémore Philippe Laine qui occupe son poste depuis 17 ans.

En moyenne, chaque année, près de 500 départs de feux sont traités dans les Bouches-du-Rhône, pour deux à trois gros incendies. Un chiffre qui pourrait augmenter si toute cette coordination interservice n’existait pas pour prévenir les incendies. La semaine prochaine, avec un risque incendie très élevé, ce seront près de 200 personnes qui seront mobilisées rien que pour la prévention.

Le service feux de forêts de Météo-France

Un dispositif adaptable en fonction des prévisions de Météo France, dont le service feux de forêts permet d’anticiper les risques. Florence Vaysse est ingénieure prévisionniste chez Météo-France, responsable de la cellule feux de forêts dans le sud de la France. « Nous sommes chargés de réaliser des cartes de danger météorologiques. Pour cela, nous prenons en compte l’état de sécheresse des végétaux, dont les relevés sont réalisés par l’ONF. A cela nous ajoutons les conditions du jour, à savoir les précipitations, le vent, la température et l’hygrométrie, c’est-à-dire la teneur en vapeur d’eau dans l’air », explique la spécialiste.

Grâce à ces relevés, Florence Vaysse va donner une expertise pour chaques zones de chaque département, qui varient entre six et neuf, comme pour les Bouches-du-Rhône. « Chaque soir nous produisons une carte pour le lendemain, qui va servir à la préfecture pour fermer l’accès aux massifs forestiers par arrêté préfectoral. Mais surtout cela permet aux pompiers d’adapter leur dispositif préventif, et de prédisposer certains moyens. En cas de risque sévère par exemple, les canadairs vont survoler les zones toute la journée », précise la prévisionniste.

Il est pour le moment trop tôt pour en être sûr mais la semaine prochaine pourrait présenter des risques, prévient-elle. Un fort mistral est attendu, mais une perturbation pourrait toucher les Bouches-du-Rhône lundi ou mardi.