Affaire Steve Maia Caniço: Tensions lors de la manifestation contre les violences policières à Nantes

GAZ LACRYMOGENES « Tout le monde déteste la police » peut-on entendre à cette manifestation qui a ressemblé au moins 1.700 personnes

20 Minutes avec AFP

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Le début de la manifestation est déjà compliqué à Nantes.
Le début de la manifestation est déjà compliqué à Nantes. — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Au moins 1.700 manifestants de tous âges ont défilé ce samedi après-midi à Nantes contre les violences policières et après la mort de Steve Maia Caniço à Nantes, dans un face-à-face tendu avec les forces de l’ordre.

Le cortège s’est dirigé vers la préfecture puis vers la cathédrale et le château. Gaz lacrymogène et canon à eau ont répliqué à des jets de projectiles et départs de feu. Plusieurs barricades ont été dressées et des vitrines brisées.

« Selon l’IGPN, le meurtre était conforme »

Quarante-deux personnes ont été interpellées pour transport d’armes par destination, jets de projectile ou incendie de mobilier urbain, a indiqué la préfecture de Loire-Atlantique, assurant qu’il n’y avait eu « aucun blessé grave ».

Au moins un commissaire de police et un manifestant ont été blessés et transportés à l’hôpital, a détaillé la préfecture. Selon un street medic, interrogé par un journaliste de l’AFP, le manifestant est un homme de 54 ans qui avait « fait un infarctus le 14 juillet ».

Cibles de tous les slogans, la police et le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner : « Selon l’IGPN, le meurtre était conforme », « la police noie », pouvait-on lire sur les pancartes et les murs. La famille s’était désolidarisée de toute violence, plaidant pour « un soutien amical, artistique et pacifique », selon son avocate, Me Cécile de Oliveira.

Parmi les manifestants, de nombreuses mamans, venues parce qu’elles ont peur pour leurs enfants, de l’âge de Steve, qui fréquentent également les fêtes de musique. Valérie, 53 ans, venue de Brest en robe noire et sandales, s’est effondrée en larmes et criait aux forces de l’ordre qui passaient : « Faites attention à nos enfants protégez-les ».

Mobilisations partout en France

De nombreuses mobilisations ont eu lieu partout en France, dans le calme, notamment à Paris, Montpellier, Toulouse, souvent à l’appel de « gilets jaunes » avec toujours pour cible les forces de police. Dans la capitale, place de la République, une centaine de personnes, parfois vêtues de gilets jaunes, ont rendu hommage à Steve en observant une minute de silence et en déposant des roses blanches sous la surveillance d’un impressionnant dispositif policier.

A Montpellier, ils étaient plusieurs centaines à rendre hommage à Steve Maia Caniço et dénoncer « des méthodes policières inacceptables », comme l’a dit Bruno. « Liberté, égalité, répression », ont scandé les manifestants.

Répondant au mot d’ordre « après Steve, à qui le tour ? », quelques centaines de « gilets jaunes » ont défilé dans le centre-ville de Toulouse, au cri de « police partout, justice nulle part ».

L’IGPN réfute avoir « dédouané la police »

La polémique sur l’attitude de la police le soir de la Fête de la musique reste vive. Le rapport de l’IGPN, dévoilé mardi, a été accusé par certains d’être trop favorable aux policiers. Selon la « police des polices », « il ne peut être établi de lien entre l’intervention des forces de police (…) entre 4h20 et 4h52 quai Wilson à Nantes et la disparition de M. Steve Maia Caniço après 4h dans le même secteur ».

Ce samedi, la directrice de l’IGPN Brigitte Jullien a réfuté avoir « dédouané la police ». « Les gens attendaient absolument une condamnation de la police, aucune autre réponse n’était entendable à ce moment-là », a-t-elle ajouté.

« Une enquête judiciaire a été ouverte (…). Les témoins seront interrogés. L’enquête administrative n’a pas cette fonction », a justifié David Chantreux, chef de l’unité de coordination des enquêtes IGPN.