Marseille: «Cette situation me révolte», les policiers s’alarment des enfants laissés sans surveillance à la plage

VACANCES A MARSEILLE Les policiers des postes de surveillance des plages de Marseille tirent la sonnette d’alarme sur le manque de surveillance des parents auprès de leurs enfants

Adrien Max

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Les secouristes patrouillent sur la plage pour faire de la prévention sur les besoins de surveiller les enfants.
Les secouristes patrouillent sur la plage pour faire de la prévention sur les besoins de surveiller les enfants. — Adrien Max / 20 Minutes
  • Les secouristes du poste de Corbières à Marseille, ont sauvé in extremis une jeune fille de 8 ans de la noyade dimanche alors que personne ne la surveillait.
  • Les policiers alertent sur le manque de surveillance des parents auprès de leurs enfants, alors que 350 enfants se sont perdus sur les plages depuis le début de la saison.

La petite fille a vomi plusieurs fois avant de reprendre connaissance. Les secouristes du poste de secours de Corbières, dans les quartiers Nord de Marseille, ont réussi à sauver in extremis une petite fille de 8 ans de la noyade, dimanche. « Je la voyais faire le bouchon, on pensait à un jeu au départ. Mais quand je me suis rapproché pour lui dire d’arrêter, ses copines ont crié "elle vomit". Elle ne respirait plus et je ne sentais pas son pouls, donc j’ai tout de suite appelé mon collègue », relate Noellie Maurel, pour qui c’est la première saison en tant que maître nageuse sauveteuse.

Le brigadier-chef Michael Pretre prévient les secours et se précipite pour la réanimer. « Je lui ai fait un massage cardiaque et elle a repris connaissance. Mais elle se rendormait immédiatement, avec beaucoup de mousse autour de la bouche. On l’a mise en position latérale de sécurité, avec de l’oxygène et elle a commencé à aller mieux. Une fois dans le camion du Samu, elle a revomi encore une fois et après elle a repris totalement conscience », raconte le brigadier-chef. Après une nuit d’hospitalisation, la miraculée a pu sortir en bonne santé.

Défaut de surveillance

Au moment de la noyade, la petite qui ne savait pas nager était avec ses amies, sans surveillance de la part d’adultes. « La mère avait confié sa fille à des jeunes âgées de 18 ans. Sauf qu’elles s’étaient réfugiées un peu plus loin à l’ombre et qu’elles ne les surveillaient pas du tout », regrette Michael Pretre.

Depuis le début de la saison estivale à Marseille, plus de 350 enfants se sont perdus sur les plages.
Depuis le début de la saison estivale à Marseille, plus de 350 enfants se sont perdus sur les plages. - Adrien Max / 20 Minutes

Depuis 13 ans qu’il est en poste, la majorité des interventions de Michael résultent d’un défaut de surveillance des parents. « Combien de fois j’ai sauté comme ça pour récupérer un gosse qui commençait à se noyer dans à peine 20 centimètres d’eau pendant que les parents étaient au téléphone, ou rangeaient les affaires ? », se remémore-t-il.

Plus de 350 enfants perdus

Depuis le début de la saison les policiers ont comptabilisé entre 350 et 360 enfants perdus sur les plages Marseillaise. « Rien que le premier week-end, ce sont 140 enfants qui se sont perdus. A l’heure ou je vous parle, on est déjà au niveau de l’année dernière alors que nous sommes qu’au début du mois d’août », s’inquiète Frédéric Vidal chef de pôle prévention à la police.

De quoi tirer la sonnette d’alarme. « Cette situation me révolte, c’est pour cela que nous faisons cette sensibilisation. Les secouristes sont responsables de ce qui se passe sur la plage, le temps dédié à la recherche d’enfant c’est autant de temps de surveillance en moins. Sans parler des risques de noyade, c’est la vie d’enfant qui est en jeu », prévient-il.

« Quand on attend les parents deux heures, il y a de quoi s’énerver »

Des messages sonores rappellent l’obligation de surveillance des parents, et la nécessité de mettre des brassards aux enfants ne sachant pas nager. « Nous fournissons également des bracelets aux enfants pour que les parents puissent inscrire leur numéro de téléphone. Mais quand on attend pendant deux heures que les parents viennent récupérer leur progéniture, il y a de quoi s’énerver. De même lorsqu’ils nous disent que c’est notre rôle de surveiller », se désole Frédéric Vidal.

Ils souhaitent se rapprocher du procureur de la République afin d’imaginer des sanctions à l’encontre des parents. En attendant, les secouristes poursuivent leur attention de tous les instants. Une attention qui porte ses fruits, personne ne s’est noyé sur les plages marseillaises surveillées depuis plusieurs années.