(Illustration) L'origine de l'incendie qui a parcouru près de 500 hectares à Générac dans le Gard est a priori «criminelle».
(Illustration) L'origine de l'incendie qui a parcouru près de 500 hectares à Générac dans le Gard est a priori «criminelle». — Franck LODI/SIPA

ENQUETE

Incendie dans le Gard: La piste criminelle privilégiée par les enquêteurs

Selon le procureur de Nîmes, les flammes qui ont ravagé près de 500 hectares, sont le fruit d’un « acte volontaire »

L’origine de l'incendie qui a parcouru près de 500 hectares à Générac dans le Gard est a priori « criminelle » et les enquêteurs privilégient la thèse de « l’acte volontaire », a déclaré le procureur de Nîmes Eric Maurel ce jeudi.

« Les investigations et les premiers résultats de l’enquête permettent d’envisager la piste criminelle », a insisté le représentant du parquet. « Dans un premier temps, on a exclu la cause naturelle. (…) On considère maintenant qu’il s’agit d’un acte volontaire », a poursuivi Eric Maurel, en évoquant « un certain nombre d’éléments matériels sur les lieux ».

Le magistrat a précisé qu’une information judiciaire serait confiée dans les jours qui viennent à un juge d’instruction, pour « destruction, dégradation et détérioration de la nature, avec mise en danger d’autrui ». Ces faits sont passibles de la cour d’assises et sont punis d’une peine maximum de 15 ans de réclusion.

Surveillance active maintenue

Cet incendie de Générac ( Gard), qui a parcouru au moins 480 hectares depuis mardi, est « un des incendies les plus violents que nous avons connus depuis le début de la saison estivale », avait déclaré mercredi le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, sur place.

Dans le secteur, « une surveillance active » va être maintenue toute la nuit de jeudi à vendredi, « tant les risques de reprise sont importants » avec le vent, ont précisé les pompiers du Gard jeudi en fin de journée. 70 pompiers et 15 véhicules sont encore mobilisés pour lutter contre ce sinistre qui a mobilisé jusqu’à 465 personnes au plus fort des flammes. Cet incendie n’a fait aucune victime, même si 190 personnes ont dû être évacuées.

Fermeture des massifs forestiers

Fin juillet, la surface brûlée dans le sud de la France excédait déjà la surface brûlée en 2018, selon le site Prométhée, la base de données officielle des incendies de forêt dans le sud de la France. Selon cette source, qui dépend du préfet de la zone de défense et de sécurité Sud, les incendies ont déjà brûlé 3.935 hectares, contre 3.066 en 2018, et ce pour les 15 départements méditerranéens du sud de la France. Ces chiffres ne tenaient pas encore compte de l’incendie de Générac, dont l’ampleur exacte n’était pas encore connue.

Face aux risques incendie, avec notamment un mistral qui pourrait souffler jusqu’à 70 km/h en rafales, la quasi-totalité des massifs forestiers des Bouches-du-Rhône et du Var seront fermés vendredi, ont annoncé les préfectures de ces deux départements jeudi soir. Dans les Bouches-du-Rhône, sur les 24 massifs forestiers recensés, seuls le Chambremon et le massif de la Sainte-Victoire seront accessibles aux promeneurs et à la circulation.

Dans le Var, seuls deux des neuf massifs du département, le plateau de Canjuers et l’Estérel, ne seront pas placés en risque incendie « très sévère » mais seulement « sévère » vendredi. Les secteurs frappés d’une interdiction totale de se promener, de fumer, d’allumer du feu ou de faire des travaux sont notamment ceux de la Sainte-Baume, des Maures, des Monts Toulonnais, avec notamment le mont Faron, ou des îles d’Hyères. Les limitations sont moindres dans le Vaucluse où l’accès ne sera interdit que dans les Monts du Vaucluse, le Luberon et la Basse-Durance, et ce seulement après 12 heures.