SOS Vacances: Comment survivre en congés quand on n'aime pas partir

P'TITS TIPS (2/5) On les a attendues toute l’année, et pourtant, les vacances ne sont pas toujours un moment facile. Cette année, « 20 Minutes » vous donne un coup de main pour passer un bel été

L.Br.

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En vacances, la bouée homard peut aussi provoquer des angoisses, mais ce n'est pas le sujet de cet article.
En vacances, la bouée homard peut aussi provoquer des angoisses, mais ce n'est pas le sujet de cet article. — ERARD JULIEN / AFP
  • Les complexes physiques, la peur de partir, trouver un bon plan… Les « problèmes » que peuvent poser les vacances sont multiples. Cet été, « 20 Minutes » a décidé de vous aider en cherchant quelques solutions.
  • Cette semaine, nous nous penchons sur l'angoisse de partir en vacances (si, si, ça existe). On vous livre nos conseils pour y remédier.

Une serviette sur l’épaule, des tongs à perte de vue (ou pire) et un petit 28 degrés à l’ombre. Pas de doute : elles sont là, les vacances, celles que vous avez attendues et rêvées pendant plus d’un an. Une période de l’année qui peut être vécue comme une source d’angoisse. Peur de l’inconnu, adaptation nécessaire… Partir en vacances n’est pas forcément une évidence.

Cela peut paraître contre-intuitif, mais l’arrêt du travail est l’une des principales raison liées à ce sentiment. « Dans une société où l’on est très sollicité – mails, famille, pression, réseaux sociaux, couper le rythme peut être vécu de façon culpabilisante. On a la sensation de ne plus se sentir indispensable, de ne plus avoir d’identité sociale », décrypte Virginie Ferrara, psychothérapeute à Paris.

« Dans cette perte de repères, on se retrouve, surtout au mois d’août, dans une période où chacun a sa vie. Il y a une véritable angoisse de vide : devoir faire comme les autres, ne pas bien assumer le fait de s’ennuyer en vacances, ne pas créer quelque chose de différent. » Une sensation comparable au blues du dimanche soir.

« Un séjour d’un week-end me suffit amplement. J’accepte de partir plus longtemps pour faire plaisir à mes proches mais je compte les jours jusqu’au retour, même si mon séjour ou voyage est parfait… », témoigne Isabelle sur le site de 20 Minutes. « En écrivant ce témoignage, je m’aperçois que cela fait 10 ans que je ne suis pas parti vraiment en vacances », confie Stéphane. « Je suis devenu un as de l’évitement. Quand on me parle de voyage ou de vacances, je dis "oui, on verra, on n’en est pas encore là", ou alors "ce n’est pas possible en ce moment, j’ai trop de travail et je ne peux pas prendre de congés", ou encore "je suis épuisé". Si les angoissés des vacances restent rares, leur anxiété est véritable. » Que faire pour l’éviter ? Voici les conseils de la rédaction de 20 Minutes.

Ralentir le temps et y aller mollo sur la préparation

Le stress et l’angoisse vous handicapent mais ne vous empêchent pas de partir ? Allez-y à petits pas. « Souvent les angoisses commencent à l’idée de faire ses valises », affirme Virginie Ferrara, qui recommande « de préparer progressivement, mettre des petits rituels en place pour se projeter dans le départ ».

On interroge ce que l’on recherche comme vacances : foule ou désert ? Mer ou montagne ? Sportif ou farniente ? Loin ou tout près ? « On fait l’inventaire de ses désirs », ajoute la psychologue. Quand on a trouvé son compte, on élabore son séjour petit à petit, en achetant des petites choses : de la crème, un maillot de bain, des livres… « C’est plus simple une fois qu’on est partis, parce qu’on est dans l’action. Tant qu’on est dans l’imagination et dans le fantasme, on nourrit les peurs », affirme-t-elle. « On est dans un principe de plaisir, il faut se créer ses propres vacances », conclut-elle.

Partir plus près : et si vous visitiez… la France ?

A combien d’heures d’avion estimez-vous que ça commence à faire loin ? « La première chose qui me vient à l’esprit, c’est l’insécurité. Loin de chez moi, dans un endroit duquel je ne pourrais pas repartir du jour au lendemain, j’aurais l’impression d’être bloqué », raconte Stéphane. « C’est comme si, avec la distance, le lieu d’origine devenait presque inaccessible », explique Virginie Ferrara.

Et si la solution était à deux heures de train ? Partir en vacances en France peut être une manière de rassurer les anxieux, qui peuvent se dire « Si ça ne va pas, je prends un train ou un avion ». Coup de bol, cette année, voyager en France s’inscrit parfaitement dans la tendance. « Nous assistons à un changement important avec une bascule des comportements des vacanciers qui intègrent de plus en plus la dimension de tourisme de proximité – plus authentique et plus vertueux. "Moins loin, mais mieux, pour un tourisme d’expériences partagées", pourrait être la devise du vacancier 2019 », révèle le cabinet Protourisme.

Oui, la France ça peut être joli aussi (Petit train rouge vers le glacier La Mer de Glace, près de Chamonix).
Oui, la France ça peut être joli aussi (Petit train rouge vers le glacier La Mer de Glace, près de Chamonix). - PHILIPPE DESMAZES / AFP

Alternative famille : vous avez un cousin à Béziers ou à Béthune ? Il est temps de lui rendre visite… Comme la majorité des Français, partez chez vos proches qui ont une maison près de la mer. « 70 % des gens partent chez la famille ou les copains. Les vacances à l’hôtel sont une petite minorité », rappelle Jean Viard, sociologue et auteur du Triomphe d’une utopie. Vacances, loisirs, voyages : la révolution des temps libres (éd. de L’Aube).

Ne pas partir : les vacances à domicile

Et si, tout simplement, vous ne partiez pas ? Les vacances sont un moment privilégié pour prendre soin de soi, pas un concours de distance. Assumez le farniente à domicile. « On peut en profiter tout en restant chez soi, en se mettant à un autre rythme, en contraste avec les horaires imposés pendant l’année », conseille Virginie Ferrara. Les opportunités et conseils sont multiples : en profiter pour lire, aller voir une exposition, se promener en forêt, visiter les fermes du coin… S’improviser touriste dans sa propre région.

Comme Martine : « J’habite à la campagne et j’ai habité longtemps Lille et Paris. Ici, c’est les vacances toute l’année. Je ne m’ennuie pas… Rester chez soi c’est mieux que tout. » « On peut profiter enfin de son chez-soi qui, le reste de l’année, entre horaires de travail et de transport n’est guère plus qu’un dortoir », renchérit Françoise. « Je suis si bien chez moi et il y a tant de choses à découvrir sur ma nouvelle région ! », raconte Françoise qui s’est installée en Normandie pour passer sa retraite.

« Des millions de gens vont à la plage près de chez eux : dans leur tête, ils sont en vacances. Il y a énormément de gens qui vivent un modèle vacancier chez eux », confirme Jean Viard. « Quand on vit dans le sud de la France, c’est un peu tous les jours les vacances », confirme notre lecteur Nicolas.

Et finalement, peu importe votre destination. A Chalon-sur-Saône, Paris ou Bali, « il est essentiel de se créer ces moments de pause en prenant le temps d’être dans le présent, afin de recharger ses batteries », confirme Virginie Ferrara. « Si on a le sentiment d’avoir mis un peu d’extraordinaire dans son quotidien, ça peut créer un sas de décompression et donner le sentiment d’être ressourcé. »