Marseille: La métropole tente de réagir face aux 33 fermetures de plages

FERMETURES DE PLAGES Face au tollé médiatique que suscite la fermeture de plages à Marseille pendant la saison estivale, la métropole tente de réagir

Adrien Max

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La plage du Prophète à Marseille est la plus touchée par les fermetures.
La plage du Prophète à Marseille est la plus touchée par les fermetures. — JOSE NICOLAS / SIPA
  • Depuis le début de la saison, 33 fermetures de plages ont été prononcées à Marseille à cause de la pollution.
  • Face à ce problème largement médiatisé, la métropole tente de trouver des solutions pour éviter que l’image de Marseille n’en pâtisse trop.

Des explications fournies par les autorités parfois difficilement croyables pour expliquer les 33 fermetures de plages à Marseille, selon un décompte effectué sur le compte Twitter de la mairie, quand la métropole parle de « 16 épisodes », depuis le début de la saison estivale, le 1er juin.

La faute à un particulier qui a vidangé sa piscine pour expliquer des taux de matières fécales sur la plage du Prophète semblables à l’émissaire de Cortiou, là où les eaux usées de la ville sortent. La faute aux déjections des chevaux de l’hippodrome Borély pour les fermetures des plages de Bonneveine. Et maintenant la faute aux noctambules qui viennent profiter des plages les nuits d’été. Mais pas que.

Face à l’ampleur que prennent les fermetures des plages dans les médias, et chez les vacanciers, la métropole tente de réagir. Roland Giberti, vice président de la métropole délégué à l’eau et à l’assainissement et Didier Réault, adjoint à la mairie en charge de la mer, du littoral et des plages, tenaient un point presse ce mercredi matin pour avancer des explications, mais aussi proposer des solutions. « Une prise de parole qui n’est pas politique même si ce serait bien que les médias rappellent que si des plages sont parfois fermées, certaines sont ouvertes », a souhaité Roland Giberti, en avançant que le taux d’accessibilité des 21 plages marseillaise est de 98 %.

Des explications structurelles, et ponctuelles

Parmi les causes de ces fermetures, des « explications structurelles, mais aussi des événements ponctuels », a expliqué Didier Réault. Notamment la situation géographique de Marseille, « qui accueille l’ensemble du bassin-versant ». Face au ruissellement des eaux de pluies, un contrat de baie a été signé par 120 communes en 2015. « Cela résout le problème du traitement des eaux usées, mais aussi l’amélioration des réseaux publics, la détection de problèmes sur des réseaux privés et la détection de réseau inconnus », a détaillé l’adjoint au maire. Si la situation s’est améliorée depuis 2012, certains résultats se font encore attendre.

Il a également rappelé le choix de la municipalité de procéder à des analyses quotidiennes de l’eau, en plus de celles réalisées par l’ARS qui juge la qualité des eaux de baignade marseillaise entre « bonne » et « moyenne ». « Nous faisons des analyses rapides chaque matin afin de détecter des pollutions. A l’heure d’ouverture des postes de surveillance, 9h30, nous sommes capables de dire si la qualité de l’eau est bonne, ou pas. Et si elle n’est pas bonne, nous fermons la plage avant de procéder à de nouvelles analyses, ce qui peut permettre de rouvrir la plage dans la journée », détaille-t-il. Mais ces analyses ne permettent pas de déterminer la source exacte de pollution.

Fuite sur une canalisation, fréquentation nocturne des plages

Elles avaient d’ailleurs mis en évidence des concentrations hallucinantes de streptocoques et d’entérocoques sur la plage du Prophète en juin dernier. « Il y a bien un particulier qui a vidangé sa piscine, mais nous avons également décelé une fuite sur une canalisation qui passe sous la corniche. Nous avons colmaté la fuite et des travaux sont prévus pour l’automne, mais cela peut expliquer les taux relevés sur cette plage », a expliqué Jean-Marc Mertz, directeur général de l’eau et assainissement à la métropole.

La métropole a néanmoins remarqué que la fréquentation nocturne de certaines plages pouvait conduire à des analyses non conformes le lendemain. « Il est inconcevable de priver les Marseillais de ces espaces publics. Les plages ont été davantage fréquentées la nuit à cause des récentes canicules, c’est à nous d’offrir un service adéquat à ces utilisateurs », a avancé Didier Réault. Les toilettes des postes de secours seront donc accessibles la nuit, si la configuration le permet. Et des toilettes sèches ou autonettoyantes devraient être installées la saison prochaine.

Prévention et répression

L’accent sera également mis sur la prévention, avec l’installation de messages « La mer commence ici », sur les avaloires du littoral. Preuve du chemin encore à parcourir, Roland Giberti a mis en avant l’arrêt du nettoyage des trottoirs par projection d’eau, ce qui a pour conséquence l’envoi de détritus dans la mer, alors que bon nombre de cantonniers utilisent encore cette technique.

Si le volet préventif a été mis en avant, la métropole n’oublie pas le côté répressif avec la création d’une police de l’environnement. Mais selon nos informations, du temps sera nécessaire avant sa mise en place. « Nous devons discuter avec la mairie et la préfecture des modalités d’intervention de ces agents, et de leur assermentation », explique Roland Giberti. L’élu s’est à plusieurs reprises, engagé sur la création de cette police, votée en juin dernier par la métropole. Vu le travail à faire dans ce domaine à Marseille, ce sera tout sauf du luxe.