Paris: Les écoles fermées en raison du plomb ne rouvriront pas tant que le taux de concentration restera élevé

POLLUTION Les deux écoles maternelle et élémentaire du 6e arrondissement ont été fermées jeudi par mesure de précaution

20 Minutes avec AFP

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Les opérations de consolidation de la structure de Notre-Dame.
Les opérations de consolidation de la structure de Notre-Dame. — Mario-FOURMY/SIPA

Un groupe scolaire parisien pollué au plomb après l'incendie de la cathédrale Notre-Dame ne rouvrira pas tant que le taux ne redescendra pas à 1.000 µg/m2, a déclaré ce vendredi Emmanuel Grégoire, le premier adjoint à la mairie de Paris, précisant que « l'essentiel des écoles est fermé » pour les vacances.

Les deux écoles élémentaire et maternelle situées rue Saint-Benoît (6e arrondissement), qui accueillaient des enfants en centre de loisir pour l'été, avaient été fermées « par précaution » jeudi, des taux en plomb supérieurs à 5.000 µg/m2 ayant été relevés dans les cours extérieures, avait expliqué la mairie de Paris.

Des taux de concentration importants de plomb dans les alentours

Depuis l'incendie de Notre-Dame de Paris le 15 avril, des taux de concentration importants de plomb, auquel les enfants sont particulièrement exposés, ont été relevés aux abords de l'édifice, en raison de la fusion de plusieurs centaines de tonnes de ce métal contenus dans la charpente de la flèche et de la toiture lors du feu.

Des prélèvements ont été recommandés par l'Agence régionale de santé dans les 500 mètres autour de la cathédrale dans un premier temps, périmètre élargi après que des mesures réalisées à l'extérieur ont montré des niveaux supérieurs à la référence de 5.000 µg/m2.

Le lavage se poursuit

Après un premier lavage, la concentration est passée à 3.500 µg/m2, un taux qui n'atteint pas les 1.000 µg/m2 préconisés par l'ARS, a précisé vendredi Emmanuel Grégoire. « On va continuer à laver », a-t-il promis.

« L'ARS elle-même dit qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter outre mesure », a-t-il toutefois affirmé. Selon lui, les taux relevés n'étaient « pas dangereux pour la santé a priori » et la fermeture des établissements était surtout « préventive ». Il a encore souligné que les prélèvements sanguins des enfants à risque « n'ont révélé aucune anomalie » - sauf pour un, dont le logement était déjà exposé au plomb.

« Il n'y a pas de dose sans risques »

« Il n'y a pas de dose sans risques », a averti de son côté Robert Garnier, toxicologue au centre anti-poison de Paris. « En gros, chez un petit enfant, on perd 5 à 7 points de QI quand la plombémie passe de 0 à 100 », a expliqué le médecin.

Les enfants sont particulièrement exposés à la pollution au plomb. « Ils absorbent 4 à 5 fois plus de plomb que les adultes », leur curiosité « innée » faisant qu'ils portent à la bouche des objets qui ont pu être contaminés, selon l'OMS.