Isère: Les recherches pour retrouver le spéléologue disparu «seront longues et se compteront en heures», selon la préfecture

OPERATION DE SECOURS Le jeune homme de 21 ans, qui a disparu mardi après-midi, n'a pas encore été localisé

Elisa Frisullo

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Le gouffre Berger en Isère, dans lequel un jeune spéléologue a disparu depuis deux jours.
Le gouffre Berger en Isère, dans lequel un jeune spéléologue a disparu depuis deux jours. — ROBBIE SHONE/CATERS NEWS AGENCY/SIPA
  • Un spéléologue de 21 ans a disparu dans le gouffre Berger en Isère.
  • Le plan secours spéléo a été déclenché dans la nuit de mercredi à jeudi par la préfecture.
  • Les recherches devraient durer plusieurs heures en raison de la complexité du site.

Un vaste réseau souterrain comprenant 37 kilomètres de galeries, avec des passages sous l’eau et un dénivelé de 700 mètres. Voilà à quoi ressemble le gouffre Berger, en Isère, où depuis mercredi soir une vaste opération de secours est menée pour retrouver un homme de 21 ans disparu depuis mardi alors qu’il pratiquait la spéléologie avec un groupe.

« A ce stade, la personne disparue n’est pas localisée », indique ce jeudi après-midi la préfecture de l'Isère. Impossible de savoir, donc, pour l’heure si le jeune homme est en vie mais coincé dans l’une des galeries ou si l’issue sera plus dramatique.

Seule certitude, de gros moyens ont été engagés pour le retrouver, dans des conditions périlleuses pour les secouristes compte tenu de la configuration du site doté de plusieurs entrées. « En raison de la taille du gouffre [parcours principal, galeries secondaires, vasques aquatiques, grâce à des moyens adaptés], les recherches seront longues et se compteront en heures », rappellent les services de l’Etat qui ont activé la nuit dernière le plan secours spéléo.

« Il y a eu un temps de latence le temps que l’alerte soit donnée par des spéléologues qui l’ont croisé et que l’on constate qu’il n’était pas remonté », précise à 20 Minutes Charles Barbier, directeur de cabinet du préfet de l’Isère.

Des dizaines de secouristes progressent dans le gouffre

Une quarantaine de sauveteurs spéléologues sont à pied d’œuvre, en provenance de plusieurs services de recherche et de secours (Groupe de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux, PGHM, Spéléo Secours Isère, CRS Alpes), sous la direction des pompiers de l’Isère.

« L’appui de secouristes de plusieurs autres départements est nécessaire et coordonné par la zone de défense », ajoute la préfecture qui a également fait appelle à une équipe médicale, attendue dans la journée pour « pallier à toute éventualité, y compris un accident parmi les secouristes qui sont fortement mobilisés. »

Pour le moment, des recherches ont été menées dans les zones où le jeune homme a été vu mardi pour la dernière fois par d’autres spéléologues alors qu’il tentait, selon la préfecture, de sortir du gouffre. D’autres équipes s’activent dans les parties restantes du site répertoriées pour retrouver le disparu. « Nous allons faire le parcours lambda. Si cela ne donne rien, nous irons au-delà, dans les ramifications du gouffre qui ne sont pas toutes répertoriées. Certaines n’ont même jamais été explorées », ajoute Charles Barbier.

Un scénario que personne ne souhaite, pour la victime bien sûr, mais également pour les secouristes mis à rude épreuve sur ce type d’opération. « Pour arriver au fond, cela nécessite des conditions techniques et physiques importantes. C’est compliqué », ajoute le responsable. Le 29 juin, un exercice de sécurité civile a été mené dans le gouffre pour tester les opérations de secours en cas de disparition d’une personne sur le site. « On avait mobilisé 80 secouristes sur l’exercice. Cela avait duré 36 heures mais lors de l’exercice, la personne disparue était localisée », précise-t-il.