La France n'offre pas aux touristes «toutes les opportunités de consommation», selon un rapport

RAPPORT Ses recettes touristiques restent donc « décevantes », juge un rapport de la mission d’information sur le Tourisme de l’Assemblée nationale

20 Minutes avec AFP

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En juin 2019, l’ONG Eco Union a dénoncé dans un rapport les abus du tourisme bleu, celui du bord de mer.
En juin 2019, l’ONG Eco Union a dénoncé dans un rapport les abus du tourisme bleu, celui du bord de mer. — ALLILI MOURAD/SIPA

La France n’offre pas aux visiteurs étrangers « toutes les opportunités de consommation » et ses recettes touristiques restent donc « décevantes », juge un rapport de la mission d’information sur le Tourisme de l’Assemblée nationale.

L’Hexagone, première destination touristique mondiale, a atteint en 2018 la fréquentation record de 89,4 millions de visiteurs étrangers. « Ces bons résultats doivent toutefois être nuancés. Les recettes sont largement en deçà de leur potentiel », estime le rapport de la mission d’information sur le tourisme de la commission des Affaires économiques de la chambre basse, publié ce mercredi.

La France perd sa première place

Les rapporteurs Marguerite Deprez-Audebert (Modem) et Didier Martin (LREM) jugent les recettes touristiques « décevantes » : « avec 55,5 milliards d’euros de recettes tirées de l’activité touristique, la France se situe non plus sur la première marche du podium, mais sur la troisième, loin derrière les États-Unis (180 milliards de dollars en 2017) et talonnant l’Espagne (60 milliards d’euros) ».

Ces dépenses s’élèvent, selon des données de la Banque de France, « en moyenne à 260 euros par visiteur en France, un montant relativement stable depuis 2013 ». En outre, elles « profitent essentiellement à certains territoires », en particulier Paris, et « sont également très concentrées dans le temps » – soit juillet et août – relèvent les députés.

Etendre le nombre de gares où les commerces peuvent ouvrir le dimanche

Ils estiment que la France « n’offre pas aux touristes toutes les opportunités de consommation » et « peine à retenir ses voyageurs : la durée de séjour est globalement faible et stagne. Elle s’établit en 2018 à 6,7 jours, soit le même niveau qu’en 2017 ».

Pour favoriser la consommation des touristes, le rapport recommande notamment « d’encourager la création de nouvelles zones touristiques internationales (ZTI) dans les stations et villes touristiques ». Il préconise de la même manière d'« étendre le nombre de gares où les commerces peuvent ouvrir le dimanche », et estime que, pour améliorer la desserte aérienne des territoires, il faut « encourager le développement des aéroports régionaux et engager une stratégie plus offensive en matière de négociation des droits de trafic ».

Le rapport estime également qu’il faut « garantir et augmenter les moyens d’Atout France », agence nationale qui promeut le tourisme hexagonal à l’étranger. Or « le gouvernement a annoncé une nouvelle demande d’économies de 4 millions d’euros sur la masse salariale d’Atout France en 2020 », déplorent les rapporteurs.

« Si des efforts considérables en matière de coordination ont été réalisés ces dernières années, le tourisme souffre aujourd’hui d’une organisation administrative encore largement éclatée et d’un portage politique insuffisant », écrivent les rapporteurs qui disent « regretter une forme de désengagement de l’État sur ces thématiques ».