Val-d'Oise: Les proches d'Adama Traoré et les «gilets jaunes» marchent ensemble contre les violences policières

RASSEMBLEMENT Entre 1.500 personnes selon les gendarmes et 5.000 selon les organisateurs ont participé à la marche

20 Minutes avec AFP

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Lors d'une marche en mémoire à Adama Traoré, le 20 juillet.
Lors d'une marche en mémoire à Adama Traoré, le 20 juillet. — Kenzo TRIBOUILLARD / AFP

La famille d’Adama Traoré avait appelé à une marche historique contre les violences policières. Ce samedi dans le Val-d’Oise, le rassemblement en mémoire du jeune homme, décédé le 19 juillet 2016 peu après son arrestation au terme d’une course-poursuite, a pris des allures d’un mouvement de convergence des luttes. Et pour cause, des " gilets jaunes" ont accompagné l’hommage à Adama Traoré.

« Aujourd’hui c’est aussi l’acte 36 des “gilets jaunes”, qui ont appelé à venir marcher ici, a expliqué Youcef Brakni, du Comité Adama. Comme nous depuis 40 ans, ils sont réprimés par la police. »

« Un grand pas dans le combat contre les violences policières »

« Cette marche avec les “gilets jaunes” est un grand pas dans le combat contre les violences policières », a affirmé Assa Traoré, la sœur d’Adama, lors d’une conférence de presse, quelques minutes avant le début de la manifestation.

Pour Antoine Boudinet, 23 ans, blessé gravement à la main à Bordeaux, pendant une manifestation « gilets jaunes », ce n’est que « par la convergence des luttes et en étant soudés que nous allons obtenir gain de cause pour les mutilés, c’est le même combat pour tout le monde ».

Jean-Marc, 55 ans, un « gilet jaune » des Hauts-de-Seine, n’a « pas hésité » à participer à la marche car « nous subissons depuis six mois la répression de la police que subissent les quartiers depuis des années ».

La famille réclame un procès

Le cortège, parti de la gare RER de Beaumont-sur-Oise, a rassemblé entre 1.500 personnes selon les gendarmes et 5.000 selon les organisateurs. Dans le cortège, se trouvaient aussi des représentants de plusieurs associations. « Aujourd’hui la violence policière est généralisée et nous sommes tous ici pour faire cesser ces impunités », a déclaré Nicolas Krameyer, responsable du programme Libertés à Amnesty France.

Même chose du côté de la LDH venue « soutenir la famille Adama et toutes les victimes de violences policières en raison de leurs origines ou couleur de peau », a déclaré l’avocat Arié Alimi. « On ne veut pas qu’en 2020, il y ait encore une marche pour Adama mais qu’il y ait un procès », a ajouté Assa Traoré. La famille demande depuis le début de l’affaire, toujours à l’instruction, la mise en examen des gendarmes.