Mayotte: Un plan renforcé de lutte contre l'immigration clandestine bientôt annoncé au niveau gouvernemental

OUTREMER Le préfet a présenté ce vendredi les derniers chiffres de la délinquance et de l'immigration du 101e département français

20 Minutes avec AFP

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Le port de Mamoudzou à Mayotte, le 4 mars 2017.
Le port de Mamoudzou à Mayotte, le 4 mars 2017. — Ornella LAMBERTI / AFP

Un plan renforcé de lutte contre l'immigration clandestine à Mayotte devrait être annoncé prochainement au niveau gouvernemental, a annoncé vendredi le préfet du 101e département français, qui est soumis à une forte pression migratoire.

Le préfet, Dominique Sorain, qui présentait à la presse les derniers chiffres de la délinquance et de l'immigration, a indiqué que Mayotte comptabilisait en juillet 2019 près de 16.000 reconduites à la frontière, des chiffres jusqu'alors jamais atteints, soit plus de 2.500 reconduites par mois.

15.000 reconduites à la frontière en 2018

En 2018, année marquée par un fort mouvement social contre l'insécurité et l'immigration clandestine, qui avait paralysé l'île pendant plusieurs semaines au premier semestre, le nombre de reconduites à la frontière s'était établi à 15.000.

Le préfet a estimé que des progrès avaient été réalisés pour la sécurité des habitants et des touristes mais que la situation restait fragile. « C'est un combat continuel mené par la police et la gendarmerie à poursuivre, surtout en matière de lutte contre l'immigration clandestine », a-t-il souligné.

Il a ajouté qu'un plan renforcé contre l'immigration clandestine devrait être annoncé dans les prochains jours au niveau gouvernemental. Emmanuel Macron avait annoncé, en février, lors d'un grand débat avec des élus ultramarins à l'Elysée, une mobilisation accrue de l'Etat contre l'immigration clandestine à Mayotte, dans le style de l'opération « Harpie », qui mêle gendarmes et militaires dans la lutte contre l'orpaillage clandestin en Guyane.

48% d'étrangers à Mayotte

Avec 48% d'étrangers au sein de sa population, Mayotte subit une forte pression migratoire, généralement des îles voisines des Comores, dont la plus proche, Anjouan, est à 70 km de ses côtes.

Le préfet a insisté sur la coopération avec les Comores. « Cette coopération est nécessaire pour que les Comoriens puissent être soignés et éduqués chez eux. Ce n'est pas le même argent qui sert pour le développement des Comores et au développement de Mayotte », a-t-il précisé.