Jean-Paul Delevoye, le 11 mai 2017 à Paris.
Jean-Paul Delevoye, le 11 mai 2017 à Paris. — Eric FEFERBERG / AFP

TRAVAIL

Réforme des retraites: «Age d'équilibre», réversion... Quelles sont les préconisations de Jean-Paul Delevoye?

Le haut-commissaire à la réforme des retraites propose notamment un « âge d’équilibre » à 64 ans, assorti d’un système de décote-surcote

A quoi va ressembler la retraite du futur ? Ce jeudi, le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a rendu son rapport et ses préconisations pour ce futur « système universel ». Ce système par points doit être mis en place en 2025 et remplacera les 42 régimes de retraite actuels, actant la disparition des régimes spéciaux. « Age d’équilibre », décote, minimum augmenté à 85 % du Smic, réversion… 20 Minutes liste ses propositions.

Un « âge d’équilibre » à 64 ans avec décote/surcote

Le haut-commissaire a proposé que le futur « système universel » comprenne un « âge d’équilibre » assorti d’un système de décote-surcote, à 64 ans pour la génération née en 1963, dans son rapport rendu public jeudi. Pour inciter « au prolongement de l’activité » et garantir l'« équilibre du système » en place dès 2025, il préconise que « l’âge du taux plein » permettant une retraite complète « soit le même pour tous, contrairement à aujourd’hui où il est compris entre 62 et 67 ans en fonction de la durée travaillée ».

Les assurés pourront « toujours » partir à la retraite à l’âge légal de 62 ans, mais avec le dispositif de décote/surcote, il s’agit d’inciter « au prolongement de l’activité » pour garantir l'« équilibre du système », souligne Jean-Paul Delevoye. Cet âge « évoluera comme l’espérance de vie ».

Un minimum de retraite augmenté à 85 % du Smic net

Jean-Paul Delevoye propose de garantir un minimum de retraite égal à 85 % du Smic net, contre 81 % pour les salariés et 75 % pour les agriculteurs actuellement. Ce nouveau minimum « bénéficiera notamment aux exploitants agricoles, aux artisans, aux commerçants et aux personnes, souvent des femmes, qui ont durablement travaillé à temps partiel », précise-t-il dans ces préconisations qu’il doit remettre en fin de matinée au Premier ministre Edouard Philippe.

Une majoration de 5 % dès le 1er enfant

Les droits à la retraite pourront être majorés de 5 % par enfant et dès le premier enfant, contre 10 % actuellement pour les parents de trois enfants et plus, écrit-il dans son rapport. Cette majoration des points acquis pourra être partagée entre les deux parents, alors que la majoration actuelle est accordée aux deux parents. A défaut, elle sera attribuée à la mère, les femmes, qui « ont une pension moyenne inférieure de 42 % à celle des hommes », devant être « les principales bénéficiaires des mesures de solidarité liées aux droits familiaux », selon les préconisations que Jean-Paul Delevoye.

Un dispositif de réversion garantissant au survivant 70 % de la retraite du couple

Les pensions de réversion versées aux veuves et veufs dans le futur « système universel » garantissent 70 % du total des retraites perçues par le couple, propose-t-il. Ce « dispositif unique » pour tous remplacerait « les 13 règles différentes existant actuellement », sans modifier « les règles applicables aux retraités actuels », précise Jean-Paul Delevoye. Les femmes sont les principales bénéficiaires des pensions de réversion.

« Chaque jour travaillé permettra d’acquérir des points », note le haut-commissaire, qui juge ce nouveau système « plus juste » car « un euro cotisé vaudra les mêmes droits pour tous ». Et « les salariés du privé, des régimes spéciaux et les fonctionnaires auront des cotisations identiques ». Il assure que le « niveau des retraites sera sécurisé dans le temps » car « la valeur du point ne pourra pas baisser » en étant revalorisée en fonction de « l’évolution des revenus moyens en France, plus favorable que l’inflation ».

De leur côté, « les pensions seront revalorisées selon l’inflation (…) comme c’est le cas aujourd’hui ». Ces préconisations devraient servir de base au projet de loi sur les retraites, maintes fois repoussé. Il devrait être présenté au Conseil des ministres à l’automne, avant un examen au Parlement probablement après les municipales de mars 2020, pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2025.