«Gilets jaunes»: Un coût «considérable» pour certains secteurs d'activité

ECONOMIE Selon le rapport, ce sont les collectivités territoriales et les petites entreprises, pour lesquelles « les répercussions du mouvement ont été les plus fortes »

20 Minutes avec AFP

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Des « gilets jaunes » à Toulouse, le 1er juin 2019.
Des « gilets jaunes » à Toulouse, le 1er juin 2019. — Frederic Scheiber/SIPA

Si le mouvement des « gilets jaunes » a eu un impact global relativement « modéré » sur l’économie française, il a, en revanche, engendré des coûts « considérables » voire « ineffaçables » pour certaines entreprises, selon un rapport parlementaire, publié ce mardi.

« Le coût macroéconomique global, estimé à 0,1 point de PIB au dernier trimestre de l’année 2018, est relativement faible par rapport à la richesse nationale », estime la mission d’information parlementaire chargée d’évaluer « l’impact » des violences constatées en marge du mouvement.

Entre 20 à 30 % de baisse du chiffre d’affaires pour les commerçants

« Néanmoins, l’impact des violences sur l’activité est conséquent et cette perspective macroéconomique est loin de refléter l’étendue des répercussions économiques liées aux débordements », ajoute le rapport, publié deux mois et demi après le lancement de cette mission par la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale. Pilotée par Jean-René Cazeneuve (LREM), Roland Lescure (LREM) et Damien Abad, président LR de la commission des Finances, cette mission ne fournit pas à ce stade de chiffre global des conséquences économiques et budgétaires du mouvement, lancé en octobre 2018.

Mais il fournit un certain nombre de données sur l’impact des manifestations, secteur par secteur, avec une approche centrée sur les collectivités territoriales et les petites entreprises, pour lesquelles « les répercussions du mouvement ont été les plus fortes ». D’après les parlementaires, les commerçants ont été les plus durement touchés. La baisse de fréquentation des centres-villes le samedi a ainsi entraîné des baisses du chiffre d’affaires de 20 à 30 % pour les commerces concernés. Quant aux centres commerciaux, ils ont fait état de « pertes de l’ordre de deux milliards d’euros ».

Des conséquences « ineffaçables » pour certains secteurs d’activité

Pour les finances publiques, le mouvement a par ailleurs entraîné « une charge supplémentaire importante », souligne le rapport. Et la remise en état des 2.410 radars détruits et des 577 abîmés « pourrait à terme coûter 71 millions d’euros », ajoute-t-il. En première ligne face à la gestion du mouvement et de ses impacts, les collectivités territoriales ont également dû mettre la main à la poche, parfois de façon importante.

Selon l’association France urbaine, les coûts liés notamment aux dégradations d’équipements et de mobilier ont atteint 30 millions d’euros. « Les coûts de la crise se révèlent considérables, pour ne pas dire ineffaçables, concernant certaines entreprises ou certaines municipalités prises isolément », souligne dans le rapport Damien Abad, pour qui « nombre de petits artisans et commerçants » à la trésorerie déjà fragile ne pourront « vraisemblablement pas se relever ».