Toulouse : Le Tour passe au pied des tours, pour « montrer des quartiers qui font partie de la France »

GRANDE BOUCLE Le Tour de France passera jeudi dans les quartiers populaires du Grand Mirail, à Toulouse. Un intinéraire au pied des tours à l’initiative de l’association toulousaine Media Pitchounes qui envoie chaque année des jeunes sur la Grande Boucle

Beatrice Colin

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Lors du passage du Tour de France 2019 à Albi.
Lors du passage du Tour de France 2019 à Albi. — JEFF PACHOUD / AFP
  • Le Tour de France sera mercredi et jeudi de passage à Toulouse.
  • Lors de l’étape Toulouse-Bagnères de Bigorre, les coureurs cyclistes passeront cette année dans les quartiers populaires du Mirail.
  • Ce passage est né à l’image de l’association Média Pitchounes, pour montrer une autre image des quartiers populaires.

Le Tour de France débarque à Toulouse ce mercredi. En provenance d’Albi, les coureurs cyclistes achèveront leur 11e étape dans le quartier Compans Caffarelli. Et demain, ils repartiront du Stadium, sur l’Île du Ramier, direction Bagnères-de-Bigorre.

Mais avant de s’échapper vers les Pyrénées, pour la première fois, le peloton passera par un quartier populaire, celui de Bagatelle. Un itinéraire né de la volonté de jeunes du Grand Mirail, fans de la petite reine, et engagés au sein de l'association Média Pitchounes.

Chaque année depuis près de dix ans, ils sont dans la caravane du Tour et tendent leur micro pour réaliser un magazine et une émission quotidienne diffusée sur Internet. Ce mardi soir, ce sont eux qui accueilleront les membres de l’équipe d’ASO et Christian Prudhomme à Bagatelle, lors d’un repas partagé à la maison de quartier avec les habitants.

« Comme les autres »

« Pendant longtemps on nous a dit, c’est irréalisable, là on montre que c’est possible et qu’on peut donner une autre image des quartiers, celle du partage et de la convivialité. Ils font partie de la France et c’est important de montrer qu’ils existent », insiste Laurent Girard, le fondateur-coordinateur de Média-Pitchounes. Parti sur la Grande Boucle il y a plusieurs jours, il a retrouvé mardi son quartier. Et a vite regretté qu’il n’ait pas été un peu plus pavoisé par les autorités pour accueillir le passage du Tour. Alors qu’en parallèle l’agitation politique autour de la visite de plusieurs ministres jeudi est à son paroxysme.

La venue d’officiels n’a pas perturbé outre mesure Catherine de la compagnie «Jeux de mômes». Depuis vingt ans, elle donne des cours de théâtre aux enfants du quartier. Pour la venue du « Tour au pied des tours », elle a décidé de faire travailler ses jeunes comédiens sur des saynètes autour du vélo.

« Nous n’avons pas d’événements qui font habituellement que l’on peut travailler ensemble », explique-t-elle. Mais, « même si le Tour de France ça ne leur parlait pas du tout », ses stagiaires de 11 à 14 ans ont rapidement « vu l’aspect fédérateur ». « Et c’est ce qui nous importe. Je trouve que c’est important, car pour une fois, on aura un truc comme les autres alors que souvent on inspire d’autres sentiments, là ça fait bouger les choses », se félicite la responsable de la compagnie.

Laurent Girard espère que les habitants descendront encourager les coureurs jeudi matin, mais même s’ils ne sont pas au rendez-vous, ce n’est pas grave. « Les médias vont cette fois-ci s’intéresser au quartier pour les bonnes choses et des gens qui ne pourront pas être au Stadium viendront le voir à Bagatelle et j’espère qu’ils reviendront après sur le quartier alors qu’ils n’avaient jamais osé avant. Là, ce sera gagné pour nous », poursuit Laurent Girard qui espère créer des vocations chez les jeunes.

Bagatelle rêve du Tour