Parcoursup: La plateforme fonctionne-t-elle mieux que l'an dernier à la même époque?

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR La phase principale d'admission se termine ce vendredi

Delphine Bancaud

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La plateforme Parcoursup.
La plateforme Parcoursup. — Lionel BONAVENTURE / AFP
  • Ce mercredi, 62.225 candidats, sur les 789.000 inscrits sur la plateforme, étaient toujours en attente d’une proposition.
  • Ce qui fait dire aux organisations syndicales étudiantes que malgré le calendrier raccourci de la procédure, Parcoursup ne fait pas vraiment mieux que l’an dernier.
  • Après vendredi, les candidats non satisfaits pourront encore avoir recours à la procédure complémentaire ou saisir la Commission d’accès à l’enseignement supérieur.

« Non mais@parcoursup_info c’est pas possible de rajouter plus de jours à la phase principale ? On est plein à ne pas avoir d’affectation alors qu’on est proche dans la liste d’attente, sérieusement ça me fait péter des câbles ». Voilà le type de messages que l’on a pu lire sur Twitter ces derniers jours, alors que la fin de la procédure d’admission aura lieu ce vendredi à 23h59.

Des marques d’impatience de certains candidats qui voudraient bien être fixés sur leur sort rapidement. Mais selon  les derniers chiffres du ministère de l’Enseignement supérieur que 20 Minutes a recueillis ce mercredi, 62.225 candidats sur les 789.000 inscrits sur la plateforme sont toujours en attente d’une proposition de formation (presque 36.000 lycéens et plus de 26.000 candidats en demande de réorientation). Par ailleurs, presque 50.000 candidats ont quitté la plateforme avant de recevoir une proposition. Ont-ils eu une proposition dans un établissement privé qui ne figure pas sur Parcoursup, ou ont-ils lâché la rampe ? L’histoire ne le dit pas.

« Les chiffres auraient dû être meilleurs » selon la Fage

Des chiffres qu’interprète positivement le ministère de l’Enseignement supérieur, contacté par 20 Minutes. « La procédure a été plus rapide cette année et les retours que nous avons des proviseurs font état d’un climat plus serein que l’an dernier. Nous observons aussi moins d’appels à l’aide sur les réseaux sociaux », déclare l’entourage de la ministre, Frédérique Vidal. Mais pour les organisations estudiantines, impossible pour l’heure d’affirmer que la machine Parcoursup fonctionne mieux. « On a quasiment les mêmes chiffres que l’an dernier, puisqu’au 17 juillet 2018, 68.500 candidats étaient en attente d’une proposition. Or, cette année, le calendrier de Parcoursup a été avancé. La phase principale d’admission s’achève le 19 juillet, contre le 5 septembre l’an dernier. Les chiffres auraient dû être meilleurs », estime Orlane François, la présidente de la Fage. Même son de cloche chez Mélanie Luce, la présidente de l’Unef : « Il reste deux jours pour la phase principale et les chiffres vont donc peu bouger » affirme-t-elle.

Autre motif de satisfaction pour Frédérique Vidal : au total, 5.600 candidats qui n’ont reçu que des réponses négatives ont saisi la Commission d’accès à l’enseignement supérieur cette année, « contre 30.000 à la même époque l’an dernier », indique le ministère de l’Enseignement supérieur. Mais cette année, le ministère ne communique pas sur le nombre de candidats qui ont définitivement accepté une proposition. Ce qui fait dire à Mélanie Luce qu'« il y a un problème de transparence. On ne sait toujours pas combien de candidats ont eu le vœu de leur choix », estime-t-elle. Interrogé sur ce point, le ministère promet des données plus précises ce vendredi, à l’issue de la procédure d’admission principale.

Encore plusieurs pistes à explorer pour les candidats non satisfaits

Orlane François anticipe déjà des déceptions chez les candidats : « Les orientations par défaut risquent d’être encore nombreuses cette année. Notamment en raison du manque de places dans les formations en tension : la licence de droit, la Paces (première année commune aux études de santé), les Staps et la licence d’économie-gestion, les instituts de formation en soins infirmiers, certains BTS et DUT ». Un avis partagé par Mélanie Luce : « L’an dernier, le ministère avait créé 30.000 places dans les filières les plus demandées. Ce qui n’a pas été le cas cette année », souligne-t-elle.

Mais il reste encore de l’espoir pour les candidats visant une formation qui leur convient. A partir du 17 juillet, les vœux des candidats qui n’auront reçu aucune proposition seront archivés sur Parcoursup. « Si une place venait à se libérer à la suite du désistement d’un candidat pendant l’été, elle sera proposée au premier candidat de la liste d’attente », explique le ministère dans une vidéo postée sur Twitter. Autre possibilité : formuler de nouveaux vœux via la procédure complémentaire, ouverte le 25 juin, qui propose des places encore disponibles dans l’enseignement supérieur. Une possibilité qui leur sera offerte jusqu’au 13 septembre. Enfin, les candidats peuvent solliciter la Commission d’accès à l’enseignement supérieur (CAES) de leur rectorat, qui essayera de leur proposer une solution adaptée.