Centrale nucléaire de Fessenheim: Des insuffisances «inacceptables» selon l'Agence de sûreté nucléaire

NUCLEAIRE L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a réalisé une inspection inopinée le 20 juin. La simulation n'est pas passée comme prévu et l'ASN pointe certains dysfonctionnements

T.G. avec AFP

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La centrale nucléaire de Fessenheim, dans le Haut-Rhin.
La centrale nucléaire de Fessenheim, dans le Haut-Rhin. — G. VARELA / 20 MINUTES
  • L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a réalisé une inspection mi-juin et EDF n'a pas été capable de déployer les moyens matériels suffisants pour empêcher la propagation d'un feu.
  • L'ASN a demandé par courrier à l'exploitant de prendre des mesures. Cela a aussitôté été fait par EDF.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a demandé début juillet au directeur de la centrale nucléaire de Fessenheim, dans le Haut-Rhin, de prendre rapidement des mesures pour pallier des insuffisances jugées « inacceptables » face au risque d’incendie, selon un courrier révélé mardi par le journal L'Alsace.

Dans cette lettre datée du 4 juillet et rédigée à la suite d’une inspection inopinée de la doyenne des centrales nucléaires françaises, l’ASN note que l’exploitant EDF « n’a pas été en mesure de déployer les moyens matériels suffisants » pour empêcher la propagation potentielle d’un feu dans un réservoir de fuel de 500 m3. « Seule de l’eau et non de la mousse a pu être envoyée », alors que l’eau « est au contraire à proscrire pour éviter l’extension de ce type de feu d’hydrocarbures », critique l’autorité chargée de la sécurité des centrales nucléaires françaises.

Hors zone nucléaire

« Même si l’installation concernée se situe hors zone nucléaire et n’affecte pas directement la sûreté des réacteurs, cette situation n’est pas acceptable et nécessite une action rapide de votre part, au regard des enjeux liés à un incendie de ce type et à la proximité immédiate d’un des deux réservoirs de fuel des groupes électrogènes de secours », note encore l’ASN.

L’ASN demande que soient mises en œuvre des dispositions pour permettre de temporiser un incendie pendant une heure dans l’attente de l’intervention des pompiers, ainsi que la modification de fiches de consignes destinées au personnel car certaines prescrivent « des actions inappropriées » en cas de feu d’hydrocarbures. Selon la lettre d’information de la centrale nucléaire diffusée le 11 juillet, « l’ASN a demandé la mise en place de moyens complémentaires (à l’eau), ce qui a été aussitôt réalisé ».

« Ce constat de l’ASN, sans conséquence pour la sûreté, la sécurité des intervenants et l’environnement, a été déclaré le 9 juillet par la centrale au niveau 0 de l’échelle INES qui en compte 7 », précise la lettre d’EDF.