Castaner «pas favorable» à l'armement systématique des policiers municipaux

SECURITE L’armement systématique des policiers municipaux est l’une des mesures phares d’un rapport de deux députés remis en septembre. Ce mardi, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, dit préfèrer laisser les maires choisir librement

20 Minutes avec AFP

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Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, le 24 avril 2019.
Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, le 24 avril 2019. — AFP

Christophe Castaner n'est «pas favorable» à l'armement systématique des policiers municipaux, sauf avis contraire des maires, comme le proposait un rapport parlementaire, déclare le ministre de l'Intérieur dans un entretien à la Gazette des Communes publié mardi.

«Je n'y suis pas favorable. Aujourd'hui, le maire peut choisir librement l'équipement de ses agents. Mon avis est qu'il doit pouvoir garder cette capacité de choisir», déclare-t-il à propos de l'une des propositions phares du rapport des députés LREM Jean-Michel Fauvergue (Seine-et-Marne) et Alice Thourot (Drôme) remis en septembre 2018.

Un rapport de deux députés propose l’armement obligatoire

«Nous sommes favorables à l'armement des polices municipales là où le maire considère que c'est utile. Néanmoins, cette question sera soumise au débat», a poursuivi Christophe Castaner.

Le rapport des deux députés sur le «continuum de sécurité» proposait de rendre l'armement des policiers municipaux obligatoire, «sauf décision motivée du maire», un renversement de la règle actuellement en vigueur mais pas une révolution des usages.

Dans cet entretien, le ministre de l'Intérieur est également revenu sur les modalités de la «consultation» qu'il souhaite organiser en septembre dans le cadre du livre blanc préparatoire à la future loi d'orientation et de programmation sur la sécurité.

«Elle sera dématérialisée pour toucher le plus grand nombre et physique pour n'exclure personne. Elle s'adressera aux 250.000 policiers et gendarmes, aux 22.000 policiers municipaux, à l'ensemble des sapeurs-pompiers et tous les acteurs impliqués dans ce champ de la sécurité, y compris les maires», a détaillé Christophe Castaner.

Des « débats » dans les brigades de gendarmeries et les commissariat

Comme il l'avait déjà avancé, le ministre souhaite associer les citoyens à cette consultation en organisant des «débats» dans chaque brigade de gendarmerie ou commissariat de police et dans chaque sous-préfecture.

Le ministre de l'Intérieur a également fait mention du futur plan antistupéfiants voulu par le président de la République et initialement annoncé pour juillet 2018.

«Le président et le Premier ministre (l')ont validé» et il sera présenté «dans les semaines qui viennent», a affirmé Christophe Castaner.