14-Juillet: Tensions sur les Champs-Elysées occupées par des «gilets jaunes»

MANIFESTATION Un total de 180 personnes ont été interpellées en marge et après le défilé

20 Minutes avec AFP

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Tensions sur les Champs-Elysées occupées par des «gilets jaunes» à l'issue du défilé du 14-Juillet
Tensions sur les Champs-Elysées occupées par des «gilets jaunes» à l'issue du défilé du 14-Juillet — Kamil Zihnioglu/AP/SIPA

Des dizaines de personnes, dont des « gilets jaunes », sont parvenues dimanche après-midi à investir les Champs-Elysées dans un face à face tendu avec les forces de l'ordre, à l'issue du défilé militaire du 14 juillet. C’est la première fois depuis le 16 mars que des « gilets jaunes » parviennent à retourner manifester sur les Champs-Elysées qui avaient connu une flambée de violences lors du 18e samedi de mobilisation de ce mouvement social.

Un total de 180 personnes interpellées

Au total, 180 personnes ont été interpellées, selon la préfecture de police de Paris. D'abord en marge du défilé militaire, où des «gilets jaunes» avaient appelé à manifester, puis lors des échauffourées de l'après-midi. Trente-huit placements en garde à vue ont eu lieu, dont 13 se poursuivaient à 19h, a précisé le parquet de Paris. Pour les 25 autres, il a notamment été décidé de classer sans suite 16 procédures et de procéder à 8 rappels à la loi.

Plusieurs figures du mouvement ont été placées en garde à vue : Jérôme Rodrigues, ancien commerçant qui a perdu son oeil droit en janvier, et Maxime Nicolle pour « organisation d’une manifestation illicite », et le routier Eric Drouet pour « rébellion », selon le parquet de Paris.

Sur la célèbre avenue, quelques dizaines de « gilets jaunes », sans leur chasuble fluo mais armés de sifflets et de ballons, ont copieusement hué le passage du président Emmanuel Macron dans la matinée. De petits groupes ont ensuite parcouru la grande artère en chantant « Macron démission » ou « Gilets jaunes ! Ça va péter ! ».

Retour au calme après 17h

C’est après la fin de la cérémonie que la situation s’est tendue. Vers 14h30, des manifestants mais aussi des jeunes gens dissimulant leurs visages sous des foulards et capuches ont investi le haut de l’avenue rouverte au public. De nombreuses barrières métalliques qui avaient été utilisées pour limiter les déplacements des spectateurs ont été mises à terre, des poubelles incendiées, conduisant les forces de l’ordre à riposter en tirant des grenades lacrymogènes. Les policiers progressaient sur l’avenue, en chassant peu à peu les manifestants, qui se réfugiaient dans les rues adjacentes.

« Ce matin on est venu assister au défilé car on est citoyen. On nous a tellement interdit de Champs, c’est important d’être de retour », a déclaré Cid, 33 ans, venu de Seine-et-Marne. Bleu, blanc, rouge des pieds à la tête, il est encore révolté par le traitement réservé aux manifestants sur l’avenue : « On nous a nassé dans la matinée, on s’est fait traiter comme des chiens. C’est eux [les forces de l’ordre] qui ont fait monter la pression ». Vers 16h, la préfecture de police assurait dans un tweet que « les forces de l’ordre ont repris le terrain, et continueront de procéder à la dispersion systématique des manifestants présents sur les Champs Élysées ».

Après près de huit mois de mobilisation depuis le 17 novembre, où le mouvement avait fait descendre plus de 280.000 personnes dans la rue, l’essoufflement gagnait ces dernières semaines. Les « gilets jaunes » n’étaient que quelques centaines à manifester samedi dans plusieurs villes de France.