Bretagne: Agriculteurs et agroalimentaires répliquent au bashing avec un site vantant le régime omnivore

DÉBAT Le collectif Les Z’Homnivores entend «réinformer» le consommateur sur son alimentation

Jérôme Gicquel

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Image d'illustration d'une assiette de viande.
Image d'illustration d'une assiette de viande. — Pixabay/ Tapisrouge
  • Les acteurs de l’agriculture et de l’agroalimentaire en Bretagne en ont marre du bashing et contre-attaquent.
  • Ils viennent de mettre en ligne le site mangerdetout.fr pour informer les consommateurs et défendre le régime omnivore.
  • Pour l’association L214, il est aujourd’hui possible de se nourrir sans produit d’origine animale.

Entre les viandards, les flexitariens, les végans ou les antispécistes, l’alimentation est devenue un sujet clivant ces dernières années. Souvent pointés du doigt, les acteurs bretons de l’agriculture et de l’agroalimentaire ont décidé de se faire entendre et de répondre au bashing dont ils se disent victimes de la part de L214 et consorts. « L’alimentation est un débat qui a été confisqué par les animalistes. Ils l’ont exacerbé en dressant les gens les uns contre les autres », regrette Danielle Eve, productrice de porcs et présidente d’Agriculteurs de Bretagne.

Réunis au sein du collectif Les Z’Homnivores, ils viennent de lancer le site d’information et de réflexion mangerdetout.fr pour nourrir les débats. « On n’impose pas une pensée unique. On offre seulement aux consommateurs de vraies informations qui sont sourcées, sans images choc et sans fake news. Après chacun est libre d’y adhérer ou pas », assure Loïc Hénaff, président de Produit en Bretagne et patron du célèbre pâté.

Un régime omnivore « pour grandir, vivre et vieillir en bonne santé »

Le site, qui se veut pédagogique, tente ainsi d’expliquer assez simplement pourquoi un monde sans élevage est impossible ou pourquoi l’homme a besoin de produits d’origine animale « pour grandir, vivre et vieillir en bonne santé ». Assumant le parti pris de leur démarche, les acteurs bretons se défendent toutefois de toute forme de lobbying, assurant avoir intégré des nutritionnistes, des philosophes, des chercheurs « et même des végans » à leur projet.

« Chacun doit avoir la liberté de choisir son menu ou son mode de production. Et dans ce débat, nous affichons nos convictions bretonnes, progressistes et humanistes, en réponse à la violence à laquelle nous sommes confrontés et avec laquelle nous ne sommes pas à l’aise », poursuit Loïc Hénaff.

« On sait désormais se nourrir sans produit d’origine animale »

La démarche des acteurs de l’agriculture et de l’agroalimentaire fait doucement rire Brigitte Gothière, directrice de l’association L214. « Ils continuent d’entretenir cette image d’Epinal mais ne veulent jamais remettre en cause leurs pratiques », assure la militante, interrogée par 20 Minutes.

Selon elle, le concept de l’homme omnivore serait d’ailleurs totalement infondé aujourd’hui. « Avec les progrès techniques et scientifiques, on sait désormais se nourrir sans produit d’origine animale. Cela fait 16 ans que je n’en mange plus et 25 ans que je ne mange plus de viande et je ne suis pas morte pour autant », indique Brigitte Gothière, qui réfute également les accusations de violence.

« Nous cherchons juste à provoquer un débat public avec nos actions qui sont des informations. On y montre la violence à laquelle sont soumis les animaux dans les exploitations ou les abattoirs », souligne-t-elle. Au vu de ces discours bien tranchés, on comprend donc que les viandards et les végans ne risquent pas de sitôt de partager la même assiette.