Amours d’été: Avec un surfeur, une femme plus âgée… Ils ont vécu leur première fois en vacances

L'ETE SERA CHAUD (3/4) A l’occasion des vacances, «20 Minutes» propose une série sur les amours d’été, en laissant la parole à nos lecteurs, qui nous racontent leurs expériences

Anissa Boumediene

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Nos lecteurs nous racontent le souvenir de leur première fois, qu'ils ont vécue en vacances, durant l'été.
Nos lecteurs nous racontent le souvenir de leur première fois, qu'ils ont vécue en vacances, durant l'été. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA
  • L’été ressemble souvent à la saison des amours : entre la détente des vacances, la luminosité de la saison et les hormones en ébullition, les rencontres sont légion.
  • 20 Minutes a demandé à ses lecteurs de raconter leurs aventures estivales, à travers une série de témoignages.
  • Le troisième épisode aborde la première fois : nos lecteurs et lectrices nous confient le souvenir de leur découverte de la sexualité.

« Toute première fois, toute toute première fois ! Toute toute première fois, toute toute première foiiiiiiiis ! » C’est les vacances, direction le camping et autres locations, où jeunes et un peu moins jeunes vont nouer des amitiés. Voire plus si affinités. La torpeur de l’été, le sable chaud, la plage et les corps qui se dénudent peignent le cadre idéal des premiers émois et aident à laisser sa timidité de côté. Pour peut-être, au hasard d’une belle rencontre, découvrir la sexualité. Pour eux, c’est comme si c’était hier : nos lecteurs et lectrices partagent le souvenir de leur première fois, vécue le temps d’un été.

« J’en garde un magnifique souvenir »

En général, les premiers papillons dans le ventre commencent par un baiser langoureux. « L’été de mes 14 ans, je suis partie en colo à Londres. J’y ai connu un Anglais, il avait 15 ans, était grand et très beau, raconte Mégane. Un jour, alors qu’on se promenait dans un parc et que personne ne pouvait nous voir dans ce petit coin isolé, on s’est embrassé. Un moment inoubliable : c’était mon premier grand roulage de pelles, et à l’époque, j’ai fait pleins d’envieuses », rit la jeune femme.

Puis vient le temps de la première fois. Souvent vécue comme une grande étape de la vie, surtout quand elle prend des airs de rite d’initiation. Arthur, lui, s’est senti devenir un homme en découvrant la sexualité avec une femme plus âgée. « C’était l’été, j’avais 18 ans et je faisais un stage de sport réservé aux adultes en Corse. Pour moi, ça voulait dire que je n’étais plus un gamin, j’avais hâte d’y aller, se souvient-il. Rapidement, je me suis lié d’amitié avec un groupe de 25-35 ans, avec qui je passais mes soirées. Le dernier soir, la conversation a dévié sur le sexe et étant le plus jeune et le seul vierge du groupe, forcément, je n’avais pas grand-chose à raconter. Au petit matin, je me suis retrouvé à discuter seul avec cette belle jeune femme de 30 ans. Elle m’a proposé de faire l’amour avec elle. J’étais stressé comme jamais, mais je me suis lancé ». Peut-être parce que « l’été, on ose plus, on tente des choses physiques et sportives, on se met davantage au défi », estime le Dr Patrick Papazian, sexologue et auteur de Parlez-moi d’amour (éd. de l’Opportun).

Mais entre la peur de ne pas savoir comment s’y prendre et de ne pas tenir le rythme, la « première » peut être intimidante. « Les jeunes sont soumis à des injonctions contradictoires. D’un côté, l’omniprésence du porno, qui leur met dans la tête l’idée qu’ils vont devoir assurer le kâma sutra dès la première fois, ou la pression des copains, qui peuvent se moquer " si on ne l’a pas encore fait ". Et de l’autre, les parents qui, eux, ne sont pas pressés que leurs enfants deviennent des êtres sexuellement actifs », décrypte le Dr Papazian. Mais grâce à sa partenaire, Arthur a surmonté ce petit stress. « Elle a su se mettre à mon rythme, et m’a complimenté après, se souvient-il. Ces vacances se sont finies de la meilleure façon possible. Cela reste l’une de mes plus belles nuits, songe-t-il. Je n’ai pas gardé contact avec elle, mais j’en garde un magnifique souvenir. »

« Une bulle de liberté »

Marie, elle, était déjà en couple avec son premier amour lorsqu’elle est partie en vacances avec ses parents à Majorque, l’été de ses 17 ans. Mais elle n’avait encore jamais connu le grand frisson. « Là-bas, j’ai rencontré un homme charmant et sexy. Le feeling est tout de suite passé et nous sommes immédiatement devenus inséparables. Comme j’avais déjà un copain, nous nous cachions pour nous embrasser, tard le soir, allongés sur les transats de la piscine, à regarder la mer et l’horizon. Quand la dernière soirée ensemble est arrivée, on est allé à la plage pour un bain de minuit avec des copains. Lui et moi, on avait vraiment envie d’aller plus loin, alors nous nous sommes éloignés du groupe et nous avons trouvé un petit coin tranquille sur la falaise qui surplombait la plage. Là, on s’est embrassé, puis caressé. Aucun de nous n’avait d’expérience, mais cela ne nous a pas empêchés de faire l’amour, juste pour le plaisir d’aller au bout de notre aventure ». Lors des vacances estivales, « les corps se dénudent, on se sent plus à l’aise dans sa peau. C’est une période qui favorise la sensualité et la déshinibition, explique le Dr Patrick Papazian, également coauteur avec Caroline Michel de Chouchoutez votre vagin (éd. Larousse). Et puis, quand on est ado, les vacances d’été, c’est un moment de break, les cours sont finis, on est loin de chez soi. Il y a un côté libérateur : la rupture avec le quotidien, les habitudes, l’entourage, et ce cadre nouveau favorise le lâcher-prise. »

C’est dans cet état d’esprit libéré que Marie a découvert la sexualité, « sans crainte des jugements et des qu’en-dira-t-on, confie la jeune femme. Cette histoire a été une bulle de bonheur et de liberté, comme j’ai rarement eu l’occasion d’en vivre. L’un des rares moments où je ne me suis pas préoccupée de l’avis des autres, où j’ai agi selon mes envies et c’est tout. » Peut-être parce que « pendant l’été, on s’autorise à être quelqu’un d’autre, on est plus affranchi de la peur du jugement, puisqu’on est brassé avec des gens que l’on vient de rencontrer et que l’on ne reverra pas forcément, analyse le Dr Papazian. Il y a d’ailleurs beaucoup de films sur cette thématique, comme L’été de nos 15 ans ou L’hôtel de la plage. » Cette belle parenthèse « m’a permis de comprendre que je n’étais pas heureuse dans mon couple, explique Marie, et qu’il n’y avait aucun mal à partager son intimité avec un homme sans être en couple avec lui, juste pour le plaisir du sexe. »

« J’en ai profité pour TOUT tester »

Cette bulle de liberté, c’est exactement ce que voulait s’accorder Irène. « J’ai grandi dans une petite ville avec les mêmes camarades de classe de la maternelle au lycée, alors c’était inenvisageable d’être intime avec l’un d’eux. Il y aurait eu quelque chose d’incestueux, je n’aurais pas été à l’aise. En plus, j’étais hypertimide, se souvient la jeune femme. A peine avait-on pris la route des vacances avec mes parents que j’avais décidé que je perdrais ma virginité cet été-là. » Pour le Dr Papazian, ce choix peut largement se comprendre. « C’est une décision assez instinctive d’autoprotection, juge-t-il. En général, les récits des premières fois ne laissent pas un souvenir impérissable. Les études démontrent d’ailleurs que seules 10 % des femmes déclarent avoir éprouvé du plaisir lors de leur premier rapport sexuel, contre la moitié des hommes. Donc, choisir un cadre qui coupe du quotidien laissera un souvenir contextuel plus agréable. »

Sa première fois, Irène l’a vécue « l’été de [ses] 15 ans. On passait les vacances au Cap-Ferret. Dès qu’on est arrivé, je me suis fait une bande de copains, j’ai tout de suite repéré Yannick. C’était un surfeur, grand, blond, musclé, les cheveux en bataille et la peau dorée. J’ai craqué instantanément, c’était le garçon que toutes les filles voulaient. Et même si je n’avais pas vraiment l’allure d’une brindille surfeuse, je voulais qu’il soit mon premier, alors j’ai tout donné pour le séduire ! J’ai sorti mes meilleures vannes, joué la bonne copine, et comme on partageait le même sens de l’humour, ça a marché. Un soir, il jouait de la guitare sur la plage, et on s’est embrassé devant les copains. Quelques jours plus tard, j’ai fêté mes 15 ans avec mes parents. Mais j’avais donné rendez-vous à Yannick plus tard dans la soirée, je lui avais dit que je voulais faire l’amour et que ce serait ma première fois. Lui avait 22 ans, et il n’a pas cherché à profiter de la situation. Il a refusé en me disant qu’il ne voulait pas que j’aie de regrets. Mais je lui ai dit que je voulais que ce soit lui. En fin de soirée, il est venu me chercher en jetant des petits cailloux sur la fenêtre de ma chambre dans le mobile-home familial. Je suis sortie par la fenêtre, tant bien que mal puisque je me suis rétamée par terre, rit Irène. Puis on est allé dans la pinède, et là, j’ai vécu une nuit magique ! Il a été super, à la fois attentionné et fougueux, et j’en ai profité pour TOUT tester, je voulais faire la totale, toutes les positions, et ça n’a pas été pour lui déplaire ! », confie la jeune femme, le regard brillant et le souvenir des aiguilles de pin plantées dans son dos et ses fesses encore bien présent.

La seule règle : « en avoir envie »

S’il doit y avoir une seule règle au moment d’envisager sa première fois, « c’est d’en avoir envie, conseille au final le Dr Papazian, parce que la vraie première fois réussie est celle qui donne envie d’expérimenter sa deuxième fois. Or, l’été peut être synonyme de fête, d’alcool et de déshinibition, et dans ce cadre, les choses peuvent déraper, alors que la notion de consentement ne doit jamais être oubliée. L’alcool peut rendre plus sensible à la pression de passer à l’acte, ou rendre plus agressif, donc il ne faut pas oublier de garder une bonne dose de prudence. » Donc pour que la première fois soit belle, on n’écoute que soi et son désir.

Et évidemment, que cela se passe sur son lieu de vacances ou ailleurs, on n’oublie pas de prendre ses précautions, d’autant plus que l'été rime avec hausse des IST (infections sexuellement transmissibles).