VIDEO. Marseille: On a suivi une opération de contrôle des policiers en mer

REPORTAGE A la veille des vacances scolaires, policiers et gendarmes ont inspecté les côtes marseillaises

Mathilde Ceilles

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Un policier lors d'une opération de contrôle d'un bateau
Un policier lors d'une opération de contrôle d'un bateau — Mathilde Ceilles / 20 Minutes
  • Deux fois par saison, les autorités organisent une journée de prévention et de contrôle en mer, au large des côtes des Bouches-du-Rhône.
  • 20 Minutes a suivi trois policiers dans leurs tâches.

Soudain, les policiers mettent les gaz, et débutent une sorte de course-poursuite pour rattraper l’homme qui les a doublé. En quelques minutes, et après plusieurs secousses, les forces de l’ordre parviennent à stopper l’individu, en plein excès de vitesse. Bilan des opérations : le conducteur risque une suspension, voire un retrait de son permis, à la veille des vacances scolaires.

Une scène que l’on pourrait croire banale… si ce n’est qu’elle se déroule sur l’eau, au large du Frioul, à Marseille, entre un bateau de la police maritime et un plaisancier, contrôlé à 25 nœuds, soit cinq fois plus que la vitesse autorisée dans ce secteur.

Des touristes peu habitués à la mer

Ce vendredi, une opération Sécurité mer était organisée à Marseille et ses alentours par la direction départementale des territoires et de la mer des Bouches-du-Rhône. A l’image de ce qui peut se faire sur terre, il existe en effet au sein de la police des unités chargées de faire respecter les consignes en mer, dans une zone particulièrement fréquentée par les touristes alors que débutent bientôt les vacances scolaires.

« L’objectif de la journée, c’est de faire de la prévention en mer de tout ce qui est loisir nautique et navigation de plaisance, explique Emmanuelle Maffeo, cheffe du pôle maritime à la direction départementale des territoires et de la mer des Bouches-du-Rhône. Il faut savoir que les plaisanciers sont en général des gens qui partent deux à trois fois par an en mer, pas forcément beaucoup plus. Donc, concrètement, tout ce qui est emport du matériel de sécurité, comme les gilets de sauvetage ou les feux, ne sont pas forcément des choses qu’on a l’habitude de regarder lorsqu’on part en mer. »

« Ça me rappelle mon premier contrôle fiscal »

A bord de leur petit bateau, les trois policiers de l’unité sécurité prévention du littoral s’en rendent d’ailleurs rapidement compte. « Pouvez-vous présenter votre extincteur ? », demande Eric B., l’un des policiers à bord, à un touriste domicilié en Suisse. Ce dernier fouille de fond en comble son embarcation… en vain. « C’est une obligation depuis 2015, rappelle le policier. Si un feu se déclare à l’arrière du bateau, vous avez moins d’une minute pour l’évacuer. Cela vaut une amende de cinquième classe, soit 1.500 euros. » « Ça me rappelle mon premier contrôle fiscal », tente de plaisanter ce touriste.

Malgré tout, les policiers préfèrent dans ce cas de figure la pédagogie à la sanction, et demandent au plaisancier d’envoyer au plus vite par mail aux autorités la facture de ce nouvel extincteur. « Ce genre d’opérations permet aux gens de se mettre en règle avant la saison », note Eric B. « Là, le bateau est correct, le monsieur n’est pas agressif, on ne va pas verbaliser pour cette infraction-là », poursuit son collègue Gregory G.

Un accueil mitigé

« C’est normal qu’il y ait ce genre de contrôle, estime Nancy, une plaisancière, alors que son bateau est contrôlé par la police. Il y a des trucs qu’on a tendance à oublier, comme l’extincteur. Un petit rappel ne fait pas de mal ! »

L’accueil se fait toutefois un peu plus froid quand il s’agit de sévir face à un excès de vitesse, dans la zone des 300 mètres, où les bateaux côtoient nageurs et autres kayakistes. Comme ce plaisancier, qui reconnaît avoir été trop vite, mais qui se montre agressif envers les policiers. « Un an et demi que je n’ai pas fait de bateau, je pose une journée pour faire plaisir aux enfants, et à peine parti, je me fais contrôler ! » « Ce type de comportement arrive souvent, et il faut garder son calme, » explique Grégory G.

« Dès lors qu’on est face à des excès de vitesse dans la bande des 300 mètres, on va avoir une politique plus répressive, précise Emmanuelle Maffeo. On a plein d’usages de la mer différents dans cette zone, entre la nage, la plongée sous-marine, les jet-skis. On fait donc très attention aux navires à moteur en excès de vitesse, qui est le plus dangereux des usages que l’on pourrait rencontrer. » Chaque saison, la direction départementale des Bouches-du-Rhône procède à deux journées de ce type auprès des plaisanciers.