G7 à Biarritz: Tout ce qu'il faut savoir sur l'organisation du sommet international fin août

SECURITE Biarritz accueille du 24 au 26 août le sommet international du G7, ce qui va avoir des conséquences sur l’ensemble de la côte basque

Mickaël Bosredon

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Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a visité jeudi 4 juillet les sites qui accueilleront les réunions du sommet du G7 à Biarritz.
Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a visité jeudi 4 juillet les sites qui accueilleront les réunions du sommet du G7 à Biarritz. — IROZ GAIZKA/AFP
  • Deux zones de sécurité ont été définies à l’intérieur de Biarritz, dont la zone « rouge » qui sera très restrictive.
  • L’aéroport et la gare de la cité balnéaire seront fermés durant le sommet.
  • Plus de 5.000 agents des forces de l’ordre devraient se déployer sur la côte basque durant l’événement international.

A 50 jours de la réunion des chefs d’Etat des sept pays les plus riches du monde à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) du 24 au 26 août prochains, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner est venu en repérages sur place jeudi. Il a visité les sites qui accueilleront les sommets et les réunions du G7 à Biarritz, et il est aussi allé jusqu’à Bayonne et Hendaye, ville située à la frontière espagnole, puisque c’est en fait toute la côte basque qui sera impactée par la tenue du sommet mondial. Voici tout ce qu’il faut savoir sur l’organisation du sommet.

Quelles mesures de sécurité seront prises durant le sommet à Biarritz ?

Le centre-ville de Biarritz a été défini en deux zones : la Z1 ou zone dite de « protection renforcée » et la Z2 ou « zone de protection ». Il sera nécessaire de disposer d’un badge pour y accéder, rappelle la préfecture. Ces deux zones seront « activées » du vendredi 23 août au lundi 26 août.

La Z1, appelée aussi « zone rouge », couvre les abords immédiats des sites qui accueilleront les rencontres officielles des chefs d’Etat et de gouvernement à savoir : les grands hôtels, le casino, le centre de congrès de Bellevue et la grande plage. La circulation automobile sera interdite dans toute la zone, tout comme le stationnement (les véhicules devront être déplacés avant sa fermeture sous peine d’enlèvement). Seuls les résidents et les ayants droit (commerçants, salariés, professionnels de santé…) de la zone, et les personnes accréditées, pourront y accéder, à pied, sur présentation obligatoire d’un badge Z1. Les commerces resteront ouverts.

La Z2 est moins restrictive, puisque les résidents et ayant droit pourront y circuler et stationner, via un macaron (certaines rues pourront toutefois être interdites).

Pourra-t-on se baigner ?

Pas sur la grande plage de Biarritz. Située au cœur de la zone rouge, elle sera interdite aux baigneurs et aux activités nautiques, dont le surf, du 23 au 26 août.

Combien de personnes va accueillir le G7 ?

Entre 4.000 et 5.000 personnes représenteront les différentes délégations, et environ 3.500 journalistes devraient être accrédités pour l’événement. Les 5.200 chambres des hôtels du Pays basque ont toutes été réservées et près de mille autres dans les Landes et la ville de Pau. Beaucoup de particuliers ont aussi loué leurs chambres ou appartements pour le sommet. A des tarifs affolants. « Les prix ont été multipliés par dix, nous assure Serge Isteque, président de l’association des commerçants du quartier des Halles. Par exemple, un T1 dans le centre de Biarritz s’est loué 500 euros la nuit. Les prix ont grimpé car l’Etat était à la recherche de logements, les hôtels ne suffisant pas. »

Une opportunité ou une gêne pour les commerçants ?

Si certains commerçants, notamment des restaurateurs situés dans la zone rouge, ont prévenu qu’ils fermeraient certainement boutique durant le sommet, le président de l’association des commerçants du quartier des Halles, Serge Isteque, se veut optimiste. « On va créer toute une dynamique d’accueil pour capter la clientèle du G7, et faire en sorte que le chiffre d’affaires ne baisse pas. Au cas où il serait moindre que les années 2017 et 2018, nous nous organisons également pour monter des dossiers de remboursement, pour les commerces qui resteront ouverts. Et j’invite tous les commerçants à rester ouverts, pour renvoyer une belle image de Biarritz, et parce qu’il y aura une clientèle à capter. C’est pour cela que nous allons mettre des animations en place : des dégustations de fromage et produits locaux, des soirées tapas dans les halles, des concerts… Pour l’instant les feux sont au vert. »

La gare et l’aéroport fermés

Pendant la rencontre internationale, la gare et l’aéroport de Biarritz seront fermés au public. Aucun vol régulier n’atterrira du jeudi 22 août au soir, jusqu’au lundi 26 août inclus. L’aéroport n’accueillera que les avions des délégations étrangères. Le stationnement des véhicules sera également interdit sur l’ensemble des parkings du vendredi 23 août à 7 heures au lundi 26 août à 20 heures. La gare sera de son côté fermée à partir du vendredi 23 août minuit et jusqu’au lundi 26 août inclus.

Quel sera le déploiement des forces de l’ordre ?

Il sera conséquent. Ce sommet est « un enjeu en matière de sécurité parce qu’il y a un certain nombre de risques », a rappelé jeudi le ministre de l’Intérieur, qui a promis « une mobilisation exceptionnelle des forces de sécurité intérieure » et « un dispositif à la hauteur des risques, notamment le risque terroriste ». Aucun chiffre n’a été donné pour le moment, mais on parle de plus 5.000 hommes et femmes mobilisés. Ils seront hébergés dans des campings et des centres de vacances réquisitionnés avant, pendant et après le G7, notamment à Seignosse dans les Landes, où 4.000 lits ont été réservés pour les forces de l’ordre du 17 au 31 août.

Un « contre-sommet » est-il envisagé ?

Oui. La plateforme G7 Ez !, opposée à la tenue du sommet des chefs d’Etat, aurait accepté la proposition de la préfecture pour l’organisation de son contre-sommet dans la ville d'Urrugne, près d’Hendaye, à la frontière espagnole. Il devrait se dérouler sur un ancien centre de vacances où des salles seront mises à disposition, et qui accueillera des dizaines de groupes et associations. D’autres événements sont aussi prévus à Hendaye et Irun. Christophe Castaner a indiqué « travailler avec l’Espagne sur les différents niveaux du renseignement et sur la sécurisation de nos frontières. » Il a précisé que la frontière avec l’Espagne « sera ouverte, mais contrôlée ».