VIDEO. Nantes: «Patriiiick!»... On a testé une soirée karaoké dans un box privatif

FA SI LA CHANTER Les salles privatives pour pratiquer le karaoké – très répandues au Japon – sont de plus en plus nombreuses en France

David Phelippeau

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Les «L5» nantaises.
Les «L5» nantaises. — D.P. / 20 minutes
  • « 20 Minutes » est allé passer une soirée karaoké avec un groupe de cinq copines à Saint-Herblain.
  • Le Kox Karaoké propose quatre box privatifs insonorisés, situé rue Jacques-Cartier, face à la station-service d’Atlantis.
  • Le karaoké est une pratique très répandue au Japon, où 100.000 salles privatives existent.

Faites comme chez vous. A peine entrées dans la salle irradiée de lumières flashy, Juliette, Claire, Aurélie, Claire et Juliette enfilent d’emblée un chapeau. Le décor est cosy. Petit canapé discret au fond de la salle, miroir tout en largeur plastronnant au milieu d’un mur, les « L5 » nantaises se sont déjà emparées des deux micros, les mêmes que ceux de l’émission N’oubliez pas les paroles. Ça tombe bien, « Toutes les femmes de ta vie… En moi réunies » (chanson des vraies « L5 ») résonne à tue-tête. Claire et Aurélie s’époumonent les yeux rivés sur le grand écran qui diffuse les paroles. Une des deux Juliette s’est déjà délestée de ses nu-pieds. L’autre Juliette est « aux platines ». Ou plutôt à la tablette accolée à un mur.

Bienvenue à Kox Karaoké, ouvert depuis le début de l’année par Alice et Andrew. Dans ce grand espace de 200 m² composé de quatre box privatifs insonorisés, situé rue Jacques-Cartier, face à la station-service d’Atlantis, on y pratique le karaoké. Un véritable sport national au Japon. C’est d’ailleurs après un voyage là-bas qu’Andrew a décidé d’importer le concept. « Il y a 100.000 box au Japon, des immeubles entiers. Beaucoup de garçons font leur after dans ces salles. » En France, on comptabilise dix espaces consacrés au karaoké à Paris, le premier ouvert en 2014, un à Lyon, un à Lille et un tout récent à Bordeaux. « On est les seuls dans le grand ouest », indique Alice, qui checke les réservations clairsemées de la semaine.

Les garçons trouvent ça ringard ?

La cible ? « Entre 30 et 40 % de notre business, ce sont des sociétés en semaine, explique toujours Alice. A l’occasion de soirées afterwork, de séminaires ou de team building… Le week-end, ce sont davantage des particuliers, avec des anniversaires et beaucoup d’enterrements de vie de jeune fille. » Et plutôt des 20-35 ans généralement de sexe féminin. « 90 % des filles réservent, 80 % viennent. Pour les garçons, le karaoké est beauf, ringard », rit Alice.

Les «L5» de Nantes.
Les «L5» de Nantes. - D.P. / 20 minutes

Leur entreprise a du mal à trouver son rythme de croisière. « Avec la publicité au début, ça a marché. Là, un peu moins. » Les cogérants partaient dans l’inconnu. « On n’a pas de recul sur cette activité. C’est aussi pour ça que ça a été long avec les banques [300.000 euros d’investissement] et qu’il nous a fallu deux ans pour monter le projet. » En septembre, deux nouveaux box verront le jour, un pour six personnes et un pour 12 personnes. « Dans le même style que les autres, plutôt classes, avec des leds personnalisables pour la couleur, la puissance et la fréquence, décrit Andrew. Toujours dans l’optique de choisir son ambiance. »

Pas de… Michel Sardou

Cela fait presque une heure que nos « L5 » nantaises revisitent la chanson française. « Sans se prendre au sérieux », comme elles nous répètent. « C’est un massacre », lâche néanmoins Juliette, la voix éraillée, avec un verre de mojito (commandé en direct du box au patron) à la main. Les classiques s’enchaînent. « Patriiiick », hurlent d’une même voix les cinq copines sur Place des grands hommes. « Là, au moins, on n’a pas de honte à chanter devant des gens qu’on ne connaît pas comme dans les bars karaoké… » Une pratique beaucoup moins en vogue que par le passé.

En attendant, le box est devenu une mini-boîte de nuit. Les tubes s’enchaînent. Le choix est pharaonique : plus de 32.000 chansons sont à disposition. « Mais pas celles de Michel Sardou car il n’a pas donné l’accord pour exploiter les droits de ses chansons », prévient Alice. La chanson Les lacs de Connemara n’achèvera donc pas la soirée de nos cinq copines.