Des jeunes en service civique
Des jeunes en service civique — Agence nationale du service civique

INFO «20 MINUTES»

En quoi le service civique peut-il être un tremplin pour trouver un premier emploi?

Selon le baromètre Ifop pour l’agence du service civique que « 20 Minutes » dévoile en exclusivité, cette expérience est valorisée par les recruteurs lorsqu’ils analysent les CV

  • En 2018, 142.200 volontaires se sont engagés en service civique, ce qui montre le succès du dispositif, qui est aussi mieux connu des entreprises.
  • Selon le baromètre Ifop pour l’agence du service civique que 20 Minutes dévoile en exclusivité, 69 % des recruteurs déclarent que le service civique peut constituer un atout auquel ils prêtent attention lorsqu’ils analysent le CV d’un postulant.
  • Les compétences relationnelles, l’autonomie et la capacité des anciens volontaires à prendre des initiatives séduisent les recruteurs.

Une aventure collective, solidaire et humaine, mais qui a aussi un impact sur la vie professionnelle. Le service civique fêtera ses 10 ans en 2020 et son succès est croissant chez les jeunes (ils étaient 142.000 jeunes à s’engager en 2018 contre 6.000 en 2000). Et chez les recruteurs, le dispositif a aussi beaucoup gagné en notoriété, comme le montre le baromètre Ifop pour l’agence du service civique que 20 Minutes dévoile en exclusivité.

Selon celui-ci, 92 % des recruteurs déclarent avoir déjà entendu parler du service civique et 9 recruteurs sur 10 connaissant le dispositif affirment en avoir une bonne image. Une connaissance du dispositif qui est plus forte dans les grands groupes que dans les PME. Mieux : 69 % des recruteurs déclarent que le service civique peut constituer un atout auquel ils prêtent attention lorsqu’ils analysent le CV d’un postulant. Et plus d’un sur deux indique qu’une telle expérience peut les inciter à recruter un jeune plutôt qu’un autre.

« Le bas du CV va devenir le haut du CV pour eux »

C’est le cas à la Poste, où une quinzaine de jeunes ayant effectué un service civique ont été embauchés cette année : « Entre deux CV de même nature, je privilégie le jeune qui a effectué un service civique, car je sais qu’il possède des compétences en matière d’intelligence émotionnelle et relationnelle transférables au monde de l’entreprise. Et qu’il a forcément développé lors de sa mission le sens des responsabilités et du service, le goût du contact, l’autonomie et l’empathie », détaille Yves Desjacques, directeur général adjoint et DRH du Groupe La Poste. Les recruteurs interrogés par l’Ifop citent aussi d’autres compétences des anciens volontaires : la capacité à collaborer avec les autres, à respecter les consignes ou encore à prendre des initiatives.

Les atouts de ces jeunes, Béatrice Angrand, la présidente de l’agence du service civique, en mesure aussi l’impact sur leur vie professionnelle : « Selon nos chiffres, 75 % de ceux qui ont fait un service civique sont en emploi ou en formation 4 à 8 mois après cette expérience. Car à l’heure où les entreprises développent des politiques de responsabilités sociales, le profil de ces jeunes engagés est forcément attractif pour elles ».

Cet effet tremplin du service civique vers l’emploi serait particulièrement fort pour les jeunes peu ou pas diplômés : « Le bas du CV va devenir le haut du CV pour eux. Les compétences qu’ils ont acquises lors de cette expérience de 6 à 12 mois vont valoriser leurs candidatures. Notamment s’ils postulent pour un poste en contact avec la clientèle, ou lié à la solidarité, à la santé ou au social », indique Béatrice Angrand. Mais pour Yves Desjacques, peu importe le métier visé, une expérience en service civique sera toujours profitable : « Les compétences acquises lors d’une telle mission sont transférables aussi bien pour des postes opérationnels que pour des postes au siège de l’entreprise », insiste-t-il.

Les jeunes embauchés ne déçoivent pas

Les entreprises ayant recruté des anciens volontaires n’ont pas eu à s’en plaindre, comme le montre le sondage de l’Ifop : 99 % de ceux qui les ont embauchés en ont une bonne image. Pour en avoir le cœur net, l’agence nationale du service civique a commandé une étude à l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP). L’enquête, qui vise à évaluer ce que sont devenus 10.000 volontaires du service civique, devrait être rendue publique à Noël. « Pour passer à la vitesse supérieure, nous avons aussi lancé un club de valorisation du service civique en 2018 auquel 11 entreprises ont déjà adhéré et dont le but est que les recruteurs prennent conscience des atouts que peuvent avoir les jeunes qui ont fait un service civique », explique Béatrice Angrand.

Reste que les jeunes ne savent pas toujours bien valoriser eux-mêmes cette expérience : « Certains d’entre eux n’indiquent pas sur leur CV qu’ils ont effectué un service civique », constate Yves Desjacques. « Pour les y aider, au sein du club de valorisation du service civique, nous allons créer un référentiel de compétences dont les jeunes pourront s’emparer quand ils écriront leur CV ». Des cartes en main supplémentaires pour décrocher leur premier poste.

 

* Enquête menée par téléphone du 12 au 18 avril 2019, auprès d’un échantillon de 403 directeurs ou responsables des ressources humaines représentatif des entreprises de 20 salariés et plus, selon la méthode des quotas.