VIDEO. Union européenne: Deux femmes, deux hommes... Quatre nouveaux responsables nommés à la tête de l'Europe

CANDIDATS La Française Christine Lagarde est notamment pressentie pour présider la Banque centrale européenne

20 Minutes avec AFP

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Les drapeaux européens alignés devant le Parlement à Strasbourg.
Les drapeaux européens alignés devant le Parlement à Strasbourg. — FREDERICK FLORIN / AFP

Fumée blanche à Strasbourg. Après des jours de négociations, les dirigeants européens ont enfin réussi à s’entendre ce mardi sur leur casting pour diriger l’Union européenne. Résultat : le Belge Charles Michel est nommé à la tête du Conseil européen. Deux femmes ont été nommées aux postes-clés : une ministre allemande, Ursula von der Leyen, à la Commission, et la Française Christine Lagarde à la BCE. Enfin, l’espagnol Josep Borrell hérite des Affaires étrangères. Ces candidats doivent encore être confirmés par un vote des eurodéputés.

« C’est fait ! », a d’abord tweeté le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, avant que le président du Conseil européen Donald Tusk ne publie la liste des noms et leurs photos. Pour prendre la tête de la Commission, le nom de l’actuelle ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, une proche de la chancelière Angela Merkel, avait été proposé par le président français, Emmanuel Macron.

Le président du Parlement élu mercredi

La candidature de l’Allemande, qui a occupé plusieurs postes ministériels, avait reçu dans l’après-midi le soutien des quatre pays du Groupe de Visegrad (Hongrie, Slovaquie, République tchèque, Pologne). Cette solution a permis d’ouvrir la voie à une Française, Christine Lagarde, pour prendre la tête de la Banque centrale européenne (BCE).

Le ticket von der Leyen/Lagarde permet à la France et à l’Allemagne d’obtenir chacune un poste européen d’envergure, et à la droite européenne de conserver la tête de la Commission. En outre, il respecte la parité souhaitée par des leaders européens pour les postes de pouvoir. Enfin, le nom du socialiste bulgare Sergueï Stanichev circule pour la présidence du Parlement européen, dont le vote est prévu mercredi.

Cette proposition met fin à plus de quarante-huit heures de profondes divisions entre les dirigeants européens sur la nouvelle équipe amenée à diriger l’UE. Après une nuit de marchandages stériles entre dimanche et lundi, les 28 s’étaient promis de se mettre d’accord pour éviter de prêter le flanc aux attaques des populistes en offrant l’image d’une Europe divisée. Dans la matinée de mardi, un compromis soutenu par l’Allemagne, la France, l’Espagne et les Pays-Bas, pourtant en passe de faire consensus ce week-end, était définitivement enterré, selon plusieurs sources proches des discussions.

Des pays opposés à ces nominations

Il s’agissait de nommer le social-démocrate néerlandais Frans Timmermans à la Commission, l’Allemand Manfred Weber, chef de file du PPE (droite) au Parlement, et un couple PPE-libéral pour le Conseil et le Haut représentant. Mais les quatre pays du « groupe de Visegrad » se sont frontalement opposés au Néerlandais, responsable, en tant que premier vice-président de la Commission, de procédures de sanctions contre la Pologne et la Hongrie pour des accusations de violations de l’Etat de droit.

D’autres pays – Irlande, Lettonie, Croatie, selon une source européenne – ont rejeté cette combinaison conclue sans eux. « Tout le monde doit comprendre qu’il faut bouger un peu. Et je dis bien tout le monde », avait lancé mardi Angela Merkel. Le sommet avait été interrompu lundi à la mi-journée, avec un nouveau rendez-vous mardi matin, rare décision qui a contraint 28 chefs d’Etat et de gouvernement à chambouler leur agenda. Emmanuel Macron s’était même emporté lundi contre un « échec ».

Le renouvellement de ces postes est rendu complexe par le morcellement du paysage politique européen. Les élections de mai ont vu le tandem PPE et social-démocrate perdre le contrôle de la majorité qu’il détenait au Parlement européen. La situation n’est pas pire qu’en 2014, où il avait fallu trois sommets pour attribuer la présidence de la Commission à Jean-Claude Juncker (PPE), qui quittera son poste le 31 octobre.