Villeurbanne: «On ne reviendra pas sur le règlement des piscines», prévient le maire alors que la mobilisation pour le maillot couvrant s'organise

BURKINI Des femmes de l’Alliance citoyenne du Grand Lyon, mobilisées contre « les injustices et les discriminations », ont demandé au maire Jean-Paul Bret de faire évoluer le règlement des piscines

Elisa Frisullo

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Une femme porte un burkini (à gauche) dans une piscine (illustration).
Une femme porte un burkini (à gauche) dans une piscine (illustration). — CEM OZDEL/A.A./SIPA
  • Des femmes membres de l’Alliance citoyenne du Grand Lyon ont interpellé cette semaine le maire de Villeurbanne, Jean-Paul Bret, pour faire évoluer le règlement des piscines, qui n’autorise le maillot couvrant ni pour les hommes ni pour les femmes.
  • Le maire de la ville a fait savoir qu’il allait répondre dans les prochaines heures aux femmes l’ayant interpellé. « Tout habit – que je ne nommerai pas pour ne pas entrer dans la polémique – est interdit et nous n’entendons pas revenir dessus. »

Les actions menées à Grenoble en faveur du burkini leur ont semble-t-il donné envie de se mobiliser à leur tour. Des femmes membres de l’Alliance citoyenne du Grand Lyon ont interpellé cette semaine le maire de Villeurbanne, Jean-Paul Bret, pour faire évoluer le règlement des piscines, qui n’autorise le maillot couvrant ni pour les hommes ni pour les femmes.

Après une première réunion publique organisée récemment dans la commune par ces femmes, un second rendez-vous est proposé ce 3 juillet aux personnes souhaitant se mobiliser face « aux injustices et aux discriminations envers les musulmanes ».

« Tout habit est interdit »

Aucune action comme celles menées à Grenoble n’est annoncée sur la page Facebook du collectif, qui semble plutôt dans l’optique, pour l’heure, de rassembler le plus grand nombre de femmes pour se faire entendre. Joint mardi, le collectif a souhaité attendre l’issue de la réunion de ce mercredi avant de s’exprimer.

Mais  à Villeurbanne, le débat semble tranché d’avance. Le maire de la ville, contacté par 20 Minutes, a fait savoir qu’il allait répondre dans les prochaines heures aux femmes l’ayant interpellé. « Je leur explique dans ce courrier que le règlement des piscines a été présenté et voté à l’unanimité lors du conseil municipal du 27 mai dernier. Et il a été validé par la préfecture », explique Jean-Paul Bret.

« Tout habit – que je ne nommerai pas pour ne pas entrer dans la polémique – est interdit et nous n’entendons pas revenir dessus », a ajouté l’édile socialiste en référence au débat sur le burkini qui a refait surface au niveau national depuis les actions menées à Grenoble.

Le président de la République appelé à trancher

Après la montée au créneau des Républicains et du Rassemblement national condamnant les actions menées à Grenoble, le Premier ministre a indiqué ce week-end que les règles des piscines publiques doivent être respectées et qu' « aucune conviction religieuse » ne peut être prise en compte pour y déroger. Dimanche, le maire écologiste de Grenoble, Eric Piolle, a appelé Emmanuel Macron à « siffler la fin de la récréation et à clarifier cette hypocrisie d’Etat » sur la question.

« Est-ce que le gouvernement veut ou pas que la piscine devienne, comme l’école, un sanctuaire qui soit protégé du religieux, et donc avoir un regard qui est contraire, aujourd’hui en tout cas, aux regards de l’Observatoire de la laïcité et du défenseur des droits ? », s’est interrogé le maire.

« Il y a des voies de droit pour contester ce règlement »

Soucieux d’éviter d’ajouter à la polémique et sans doute aussi de voir se reproduire dans ses établissements nautiques les actions menées en Isère, Jean-Paul Bret rappelle le caractère réglementaire de la tenue imposée à la piscine. « Aujourd’hui, aucune juridiction n’a dit que nous devions changer le règlement. Mais si ces personnes veulent en changer en faisant comme à Grenoble, je rappelle qu’il y a des voies de droit pour contester ce règlement. Qu’elles les utilisent et on verra bien », ajoute-t-il, jugeant « fallacieux » « le prétexte de discrimination » avancé par l’Alliance citoyenne.

« A Villeurbanne, nous avons fait beaucoup contre les discriminations. Nous avons créé un conseil consultatif des discriminations et jamais ce sujet n’y a été abordé », conclut-il.