Prisons : Le plan du gouvernement pour améliorer la santé des détenus

SANTE L’Etat veut notamment multiplier les stages en milieu carcéral pour les internes en médecine

20 Minutes avec agences

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Un couloir de prison. (Illustration)
Un couloir de prison. (Illustration) — G. VARELA / 20 MINUTES

Connaître l’état de santé des détenus, faciliter leur accès aux soins, rendre plus attractif l’exercice de la médecine en prison : les ministères de la Santé et de la Justice ont présenté ce lundi un plan pour améliorer la santé en détention.

Cette feuille de route, dont le coût global n’a pas été chiffré, contient 28 mesures. La garde des Sceaux Nicole Belloubet et la secrétaire d’Etat à la Santé Christelle Dubos l’ont signée ce mardi lors d’un déplacement à la maison d’arrêt de Bois-d’Arcy (Yvelines).

Des troubles mentaux fréquents

De nombreux rapports et observateurs pointent régulièrement les carences du système médical en prison. La surpopulation carcérale a atteint au 1er avril le nombre record de 71.828 détenus pour quelque 61.000 places. Jusqu’à un quart des personnes incarcérées présenteraient des maladies psychiatriques lourdes.

Première des actions annoncées dans le plan interministériel : le lancement de deux études nationales sur la santé mentale des détenus alors que le dernier état des lieux date de 2004.

Il y a quinze ans, cette enquête épidémiologique sur les troubles psychiatriques en milieu carcéral comptabilisait 8 hommes et 7 femmes sur 10 présentant au moins un trouble psychiatrique et 25 % un trouble psychotique (la schizophrénie par exemple).

Généraliser la télémédecine

Afin d’améliorer l’accès aux soins, qui reste disparate et insuffisant malgré la loi « Santé-Justice » du 18 janvier 1994, le gouvernement a dégagé trois mesures principales.

Il souhaite généraliser la télémédecine​, comme c’est déjà le cas hors détention, dans l’ensemble des unités sanitaires en milieu pénitentiaire (USMP) d’ici 2022, en particulier pour les consultations de dermatologie, d’ophtalmologie ou de pré-anesthésie. Ce système doit permettre d’éviter les extractions médicales et de prévenir tout retard de prise en charge.

Des internes en médecine en stage dans les prisons ?

Des stages en milieu pénitentiaire pour les internes en médecine seront aussi proposés sur l’ensemble du territoire. Les autorités espèrent ainsi pallier les difficultés de recrutement de professionnels de santé, encore plus importantes en prison qu’ailleurs. Un récent rapport parlementaire relevait que 22 % des postes de médecins psychiatres n’étaient pas pourvus en 2016.

Les ministères ont également rappelé leur engagement d’ouvrir de nouvelles places dans des unités d’hospitalisation spécialement aménagées (UHSA), ces institutions psychiatriques sécurisées où sont pris en charge des détenus sous le régime de l’hospitalisation complète. Il y a actuellement 9 UHSA, d’une capacité totale de 440 places.