Lycéen éborgné dans une manifestation à Béziers: Ouverture d'une information judiciaire

BEZIERS En marge d’une manifestation mêlant lycéens et « gilets jaunes », le jeune homme avait été touché à l’œil gauche « sans aucun doute possible » par un tir de LBD40, affirme son père

20 Minutes avec AFP

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Manifestation de «gilets jaunes» (illustration)
Manifestation de «gilets jaunes» (illustration) — Francois Mori/AP/SIPA

Une information judiciaire a été ouverte pour éclaircir les circonstances dans lesquelles un lycéen mineur a été éborgné en marge d’une manifestation mêlant lycéens et « gilets jaunes » le 6 décembre dernier à Béziers, a annoncé à l’AFP le procureur de la République.

Le 6 décembre au matin, la manifestation, réunissant quelque 300 lycéens et à laquelle s’étaient mêlés des « gilets jaunes », avait dégénéré avec des poubelles brûlées et des projectiles lancés contre les forces de l’ordre, qui avaient fait usage de gaz lacrymogènes, de grenades de désencerclement et de LBD40 (Lanceur de balles de défense), avait constaté un correspondant de l’AFP. Lors des heurts, le jeune homme avait été touché à l’œil gauche « sans aucun doute possible » par un tir de LBD40, affirme son père.

« Ni manifestant, ni "gilet jaune", il sortait tout simplement de son lycée »

L’information judiciaire a été ouverte pour « violence volontaire ayant entraîné une infirmité » alors que l’enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) n’a pas permis de déterminer qui était le tireur ni si l’utilisation de l’arme a été conforme, a précisé le procureur Yvon Calvet

Lycéen en Bac Pro à Béziers, le jeune homme sortait lors des faits de sa cité scolaire, selon son père qui souhaite préserver son anonymat et celui de son fils, aujourd’hui âgé de 17 ans. « Le problème, c’est que le tireur ne s’est pas désigné », a déclaré lundi le père de la victime joint par l’AFP. « Mon fils n’était ni manifestant, ni "gilet jaune", il sortait tout simplement de son lycée », insiste-t-il.

Opéré le 14 décembre, le jeune homme a subi une reconstruction faciale mais a perdu l’usage de son œil gauche. Son père, qui attend désormais que « justice soit faite », avait lancé à la télévision un appel à témoins. Il souhaite que l’origine de la blessure de son fils soit reconnue et qu’il y ait une indemnisation.